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[rentrée littéraire 2021] Lorsque le dernier arbre : l’arbre généalogique revisité

[Carozine découvre le roman Lorsque le dernier arbre - Michael CHRISTIE]

Carozine lit le roman Lorsque le dernier arbre - Michael CHRISTIE
Aaaaaah les vacances. Enfin. Profiter du temps qui passe. De la famille. De la mer. Ne plus se soucier des horaires le matin. Voilà qui fait un bien fou. Déconnecter. Oublier, un peu. Ce qui explique mon (long ?) silence. Mais je reviens ! Oui ! Avec un roman reçu dans le cadre d’un partenariat avec les éditions Albin Michel et mon club de lecture préféré, le Picabo River Book Club : Lorsque le dernier arbre, de Michael Christie. Un début de rentrée littéraire un peu mitigé, en ce qui me concerne, mais reprenons la tonte des moutons depuis le début, non parce qu’à force de sauter des haies, on finit par se perdre ! Allez, enfilez votre chemise de trappeur et on file entre les pages du roman Lorsque le dernier arbre.

Ils viennent pour les arbres.
Pour respirer leurs aiguilles. Caresser leur écorce. Se régénérer à l’ombre vertigineuse de leur majesté. Se recueillir dans le sanctuaire de leur feuillage et prier leurs âmes millénaires.
Depuis les villes asphyxiées de poussière aux autre coins du globe, ils s’aventurent jusqu’à ce complexe arboricole de luxe –une île boisée du Pacifique, au large de la Colombie-Britannique– pour être transformés, réparés, reconnectés. Pour se rappeler que le coeur vert jadis tonitruant de la Terre n’a pas cessé de battre, que l’âme du vivant n’a pas encore été réduite en poussière, qu’il n’est pas trop tard, que tout n’est pas perdu. Lorsque le dernier arbre - Michael CHRISTIE
Le roman Lorsque le dernier arbre, une lecture en partenariat avec le Picabo River Book Club et les éditions Albin Michel / Terre d'Amérique

Lorsque le dernier arbre : une histoire familiale sinueuse

Lorsque le dernier arbre - Michael CHRISTIE [ed. Albin Michel]
2038. Jacinda (Jake) Greenwood travaille dans l’une des dernières forêts primaires au monde, dans un écrin de verdure au sein de la Colombie-Britannique, surveillé de près et visité par des touristes fortunés prêts à payer une fortune pour échapper aux vents pollués et chargés de poussière qui balaie le monde (cela fait rêver, non ?!). Un beau jour, son ex-fiancé la retrouve et lui explique que loin d’être une brindille orpheline portée par le vent comme elle le pensait, elle pourrait bien être la descendante du célèbre magnat Harris Greenwood (premier propriétaire de l’île à la forêt préservée) et de la richissime famille Holt, dont la tentaculaire entreprise semble posséder la moindre parcelle de terre.
2008. Le père de Jacinda, Liam Greenwood, a 34 ans et lutte contre ses démons, partiellement hérités de sa mère, Willow, qui a décidé d’abandonner la fortune paternelle pour lutter aux côtés de la planète et des arbres.
1974. Willow, enceinte de Liam, a 40 ans et une carrière d’activiste écologique déjà bien entamée, en réaction aux déforestations massives voulues par son paternel pour asseoir sa richesse.
1934. Everett, le frère vagabond d’Harris Greenwood, découvre...

De nos jours, on parle beaucoup d’arbres généalogiques, de racines, de liens du sang, comme si les familles existaient de toute éternité et que leurs ramifications remontaient sans discontinuer jusqu’à des temps immémoriaux. Mais la vérité, c’est que tout lignée familiale, de la plus noble à la plus humble, commence un jour quelque part. Même les arbres les plus majestueux ont d’abord été de pauvres graines ballotées par le vent, puis de modestes arbrisseaux sortant à peine de terre. Lorsque le dernier arbre - Michael CHRISTIE

Lorsque le dernier arbre : un roman déroutant

Lorsque le dernier arbre - Michael CHRISTIE [ed. Albin Michel]
… oui, je sais, c’est frustrant, mais en même temps, il ne fallait pas vraiment compter sur moi pour tout vous dévoiler ! Non mais des fois. D’une écriture fluide, Michael Christie remonte l’histoire de cette famille particulière, aux racines noueuses qui s’éparpillent dans la terre en laissant une hérédité relativement lourde. De la même manière que l’on découvre les cernes d’un arbre sur son tronc coupé, nous abordons l’histoire de la famille Greenwood par la fin, l’élément le plus récent venant s’empiler sur les plus anciens. La passion des arbres traverse les générations, qu’ils les exploitent, les protègent ou les travaillent. On assiste ainsi à la naissance d’une famille semée au gré du vent. Si j’ai été enthousiasmée par l’histoire d’Everett et d’Harris (à laquelle Michael Christie consacre une large partie de Lorsque le dernier arbre) ainsi que par cette conception singulière de la famille, j’ai été un peu déroutée par certains personnages, par cette vision asphyxiante de notre avenir. Et, en refermant ce roman, je reste un peu perplexe. Troublée par cette relation étrange à la nature, notamment à travers le personnage d’Harris Greenwood. Suffoquée par cette vision terriblement sombre de notre futur (et une géopolitique un peu simpliste). J’ai beau avoir aimé cette grande fresque familiale étalée sur un siècle et qui sonde l’âme humaine avec ses personnages décalés et emplis de contradictions, Lorsque le dernier arbre n’est pas un coup de coeur, bien qu’il soit fourmillant à souhait et qu'il ait su me toucher.

Et si la famille n’avait finalement rien d‘un arbre ? se dit Jake tandis que le duo marche en silence. Si c’était plutôt une forêt ? Une collection d’individus mettant en commun leurs ressources via leurs racines entremêlées, se protégeant les uns les autres du froid, des intempéries et de la sécheresse –exactement ce que les arbres de Greenwood Island ont fait pendant des siècles. Lorsque le dernier arbre - Michael CHRISTIE

Les détails du livre

Lorsque le dernier arbre

Auteur : Michael CHRISTIE
Traducteur : Sarah GURCEL (V.O. : Greenwood)
Éditeur : Albin Michel / Terres d'Amérique
Prix : 22,90 €
Nombre de pages : 589
Parution : 18 août 2021

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Lorsque le dernier arbre

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

Autres lectures de Carozine : Hortense et Queenie : solaire et édifiant.

. 18 août 2021. Caroline D.