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Les quatre saisons, tome 1, Passé parfait : polar sensuel sous le soleil hivernal de Cuba

[Carozine dévore le roman noir Les quatre saisons, tome 1, Passé parfait - Leonardo PADURA]

Carozine lit le roman Les quatre saisons, tome 1, Passé parfait - Leonardo PADURA
Cela faisait un bon bout de temps que nous n’avions pas voyagé. C’est en partie de ma faute, je sais, vu que je ne vous ai toujours pas parlé de l’Italie ni de notre dernier voyage à Andros, (re) je sais. Néanmoins, je vais me racheter et vous transporter à Cuba… Bon. Pas aussi « caliente » que l’on pourrait s’y attendre vu que l’on y va en plein hiver, juste après le nouvel an, mais l’hiver sous le soleil reste toujours plus agréable que sous le ciel gris et plombé que nous avons ici. Donc bon. Le dépaysement reste garanti. Le bikini, moins. Bref ! Nous allons découvrir l’île grâce à un auteur que je ne connaissais pas encore mais qui restera dans ma liste à suivre, Leonardo Padura, avec sa tétralogie Les quatre saisons… Et, en toute logique, puisque je vous ai dit que nous partions en plein hiver, nous commençons donc par le tome 1 : Passé parfait. Allez ! On se prend un cigare (ce n'est même pas si cliché que cela, vous verrez !) et on s’installe confortablement !

Il n’eut pas besoin de réfléchir pour comprendre que le plus difficile serait d’ouvrir les yeux. D’accepter sur ses pupilles la clarté du matin qui resplendissait sur les carreaux des fenêtres et peignait toute la pièce de sa glorieuse luminosité. Et de savoir alors que l’acte essentiel de soulever ses paupières revient à admettre qu’à l’intérieur de son crâne s’installe une masse glissante, toute prête à entamer une danse douloureuse au moindre mouvement de son corps. Les quatre saisons, tome 1, Passé parfait - Leonardo PADURA

Les quatre saisons, tome 1, Passé parfait : un lieutenant pas aussi vieux qu’il ne semble l’être et un monsieur Parfait porté disparu

Les quatre saisons, tome 1, Passé parfait - Leonardo PADURA [ed. Métailié]
Hiver 1989. Janvier, très précisément. La Havane. Mario Conde, 33 ans, souffre d’une gueule de bois monumentale (il fallait bien fêter dignement le passage à la nouvelle année, avec un bon rhum vieux !) quand il se fait torturer par la sonnerie insistante de son téléphone. Et pour cause, son chef est au bout du fil et exige qu’il radine ses fesses presto. Un riche entrepreneur ayant les faveurs du Parti vient de disparaître : Rafael Morín Rodriguez. Nom d’autant plus familier à Mario Conde qu’il sort tout droit de son passé et qu’il se mêle à un léger sentiment de jalousie. Pour mener à bien cette enquête, Mario Conde est accompagné de Manolo, 25 ans, une furieuse manie à changer de nénettes comme de chemise et un long corps anguleux. Ensemble, ils vont râtisser les rues de La Havane et pousser les témoins dans leurs retranchements pour faire la lumière sur cette affaire qui fait remonter un paquet de souvenirs dans la tête farcie de rhum et de littérature de Mario Conde.

Il imagina Tamara en train de faire sa déclaration. Il regarda encore une fois le portrait du disparu. C’était bien cela : un aimant qui remuait en lui de lointaines nostalgies, des jours qu’il avait bien souvent voulu oublier, des mélancolies ensevelies. La photo devait être récente, le papier brillait. Mais elle aurait aussi bien pu avoir vingt ans qu’il s’agirait toujours de la même personne. Sûr ? Certain : l’homme semblait immunisé contre les peines de la vie, cordial jusque sur les photos d’identité, toujours étranger à la sueur, à l’acné (…) avec ce je-ne-sais-quoi d’un ange impeccable et parfait. Les quatre saisons, tome 1, Passé parfait - Leonardo PADURA

Les quatre saisons, tome 1, Passé parfait : un roman noir sensuel qui nous dévoile Cuba

Les quatre saisons, tome 1, Passé parfait - Leonardo PADURA [ed. Métailié]
D’une écriture fluide et mélodieuse, flirtant allègrement avec l’argot et se pimentant d’expressions impayables, Leonardo Padura nous transporte à Cuba, en plein régime communiste. L’embargo américain est évidemment d’actualité et les sorties définitives du territoire fréquentes, bien qu’illégales. Dans cette île où se côtoient richesse et pauvreté, entre les rues sinueuses de La Havane, Mario Conde va devoir démêler la vérité sous le vernis bien trop lisse de Rafael Morín Rodriguez. En cela, il est aidé par ses souvenirs qui affleurent telles des vagues persistantes et apportent un éclairage nouveau non seulement sur Rafael Morín, le bien trop parfait représentant des élèves, mais également sur Mario Conde et son enfance, son ami Flaco, ses sentiments inavoués pour la sulfureuse Tamara… que Rafael Morín aura tôt fait de mettre dans son escarcelle. Que penser de cet homme arriviste qui a ouvert les portes de ce milieu inaccessible et corrompu ? Mario Conde a bien sa petite idée et, étrangement, elle est à l’exact opposé de ce que les suspects et autres témoins lui dévoilent. En vous disant que nous partions visiter Cuba, je vous ai un peu menti. Avec Les quatre saisons -1-, Passé parfait ce n’est pas tant l’île ou sa capitale que nous visitons, mais bien ses habitants. Le tome 1 de la tétralogie Les quatre saisons, Passé parfait nous offre une sublime galerie de personnages, aussi métissée que les recettes de cuisine qui parsèment le roman. La sensualité semble couler dans les veines des femmes de La Havane, et les hommes semblent s’y noyer. Au gré de Les quatre saisons -1-, Passé parfait, on suit l’enquête de Mario Conde qui recolle lentement les morceaux éparpillés du puzzle Rafael Morín, et qui sert surtout de moyen à Leonardo Padura pour nous présenter cette vie qui fourmille, ces personnages attachants qui ne demandent qu’à sortir du livre pour nous entraîner à leur suite. Le tome 1 de la tétralogie Les quatre saisons, Passé parfait nous donne envie de replonger dans la vie de Mario Conde (et de ses illusions perdues), de retrouver les cigares du Vieux et de savoir s’il est parvenu à remonter les bretelles de son gendre, de revoir Manolo et Patricia, mais surtout Carlos El Flaco et sa mère dévouée et généreuse, Josefina. Passé parfait donne envie de dévorer la tétralogie Les quatre saisons pour ne pas abandonner tous ces personnages en si bon chemin. Bref, ce fut un coup de coeur.

Tous ceux qui connaissaient sa passion fétichiste pour les bons havanes ne l’interrompaient jamais pendant qu’il en allumait un et, chaque fois qu’ils le pouvaient, ils lui offraient des cigares de marque, quelle que soit l’occasion (…) Le major Rangel se constituait ainsi une réserve de collectionneur orgueilleux, dans laquelle il choisissait les marques en fonction des différentes heures de la journée, la robustesse suivant son état d’esprit, et la taille selon le temps qu’il pourrait lui consacrer. Les quatre saisons, tome 1, Passé parfait - Leonardo PADURA

Les détails du livre

Les quatre saisons, tome 1, Passé parfait

Auteur : Leonardo PADURA
Traducteur : Caroline LEPAGE
Éditeur : Métailié
Prix : 10 €
Nombre de pages : 262
Parution : avril 2016

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Passé parfait

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

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. 19 novembre 2016. Caroline D.