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La fille du train : polar addictif

[Carozine dévore le roman La fille du train - Paula HAWKINS]

Carozine lit le roman La fille du train - Paula HAWKINS
I am on fire! Si, si. Puisque je vous le dis. Et il ne faut jamais contrarier une fille qui a des cernes jusqu’au milieu des joues, elles ont tendance à être un poil soupe au lait et à démarrer au quart de tour. Donc voilà. En même temps, j’avais l’impression, là, à l’instant quand j’ai pétaradé mon début d’introduction, d’avoir repris un semblant de mon ancien rythme de lecture, mais je viens de me rendre que pas du tout… mais alors du tout du tout, puisque j’ai quand même mis 10 jours à lire La fille du train. C’est un peu le souci quand on ne dort pas, c’est qu’on perd un peu la notion du temps ! Bref. Pas de quoi fanfaronner, finalement. Toujours est-il que j’ai terminé ma lecture du roman La fille du train, de Paula Hawkins, et elle m’a sacrément absorbée.

Peut-être que ce sont des ouvriers qui travaillent sur cette partie des rails qui les ont laissés là, ce ne serait pas la première fois. Peut-être que c’est autre chose. Ma mère répétait à l’envi que j’avais une imagination débordante. Tom aussi me le disait. Je ne peux pas m’en empêcher : dès que j’aperçois des haillons abandonnés, un t-shirt sale ou une chaussure isolée, je pense à l’autre chaussure et aux pieds qu’elle enveloppait. La fille du train - Paula HAWKINS

La fille du train : une fille désaxée rêvasse contre les vitres

La fille du train - Paula HAWKINS [ed. Pocket]
Nous sommes en juillet 2013 et Rachel, malgré la chaleur moite et les pluies orageuses, prend le train deux fois par jour pour rejoindre Londres : 8h04 et 17h56. Son train et ses habitudes. Quand elle entend les freins qui se mettent à crisser, elle tourne alors le visage pour observer la maison en contrebas de la voie ferrée et ses habitants, à qui elle a trouvé des noms : Jess, la jolie blonde amatrice d’art et son mari, Jason, souvent absent pour le travail. Le couple parfait. Dans la maison parfaite. Forcément parfaite puisqu’il s’agit de la réplique de la maison dans laquelle elle a vécu, quelques mètres plus bas, avec son mari. Quand sa vie était parfaite. Avant que tout ne déraille et qu’elle ne sombre dans l’alcool, qu’elle ne perde son mari. Alors quand elle aperçoit, un matin, Jess embrasser un autre homme, elle sent sa vie fragile éclater une nouvelle fois… sensation qui empire quand elle voit le visage de Jess s’étaler en une du journal local suite à sa disparition.

Mais il pensait que notre vie serait formidable, même sans enfants. On est heureux, me disait-il souvent, pourquoi ne pourrait-on pas continuer à être heureux, tout simplement ? Il a commencé à m’en vouloir. Il n’a jamais compris comment je pouvais ressentir à ce point le manque de quelque chose que je n’avais jamais eu. La fille du train - Paula HAWKINS

La fille du train : polar psychologique qui envoûte

La fille du train - Paula HAWKINS [ed. Pocket]
Cela faisait un petit bout de temps que le roman La fille du train me faisait de l’oeil. Depuis sa sortie en librairie, en fait. Mais bon. Je n’avais pas le temps, bla-bla. Et, enfin, j’ai pu me plonger dedans. Et je n’ai pas été déçue. Certes, j’ai eu un peu de mal à me glisser dans la vie de Rachel, car Paula Hawkins ne rend pas les choses faciles avec son écriture qui est loin d’avoir la mélodie ou la finesse de Proust et cette femme dont les neurones sont anesthésiés par l’alcool et à qui il ne reste que des bribes de souvenirs, dont elle ne sait pas s’ils sont réels ou non. Mais, étrangement, on s’attache à elle. On a envie qu’elle parvienne à se reprendre en main et, surtout, qu’elle réussisse à faire la lumière sur la soirée de la disparition de celle qui s’appelle Megan, dans la vraie vie. Car, forcément, pour pimenter un peu les choses, Rachel était présente le soir de la disparition, torchée comme un coing, en sang et incapable de se souvenir de quoi que soit. Et c’est ce que j’ai follement apprécié dans le roman La fille du train : sonder l’âme dans ses moindres recoins. Pas seulement celle de Rachel et de sa détresse, mais également celle de Megan et d’Anna, la nouvelle femme de l’ex-mari de Rachel. Trois femmes sous les projecteurs, trois vies exposées, trois visions de la femme, de son moi intérieur et de la vie conjugale, des abîmes dans lesquels on peut sombrer quand la vie ne satisfait pas nos attentes. Une petite merveille de finesse psychologique. D’autant que Paula Hawkins maîtrise parfaitement son intrigue qu’elle éclate entre ses différents personnages. Lentement mais sûrement, elle nous emprisonne dans la toile bien tissée de son polar La fille du train. Et on a qu’une envie : reconstituer le puzzle avec Rachel et sa vision nimbée d’une brume paranoïaque, franchement altérée… et c’est là tout le sel de La fille du train.

C'est ma faute. Je buvais déjà, de toute façon, j'ai toujours aimé boire. Mais je suis devenue plus triste, et la tristesse, au bout d'un moment, c'est ennuyeux - pour la personne qui est triste et pour tous ceux qui l'entourent. Puis je suis passée de quelqu'un qui aime boire à alcoolique, et il n'y a rien de plus ennuyeux que ça. La fille du train - Paula HAWKINS

Les détails du livre

La fille du train

Auteur : Paula HAWKINS
Traducteur : Corinne DANIELLO (The Girl On The Train)
Éditeur : Pocket
Prix : 7,90 €
Nombre de pages : 456
Parution : 8 septembre 2016

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La Fille du train

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

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. 30 mars 2019. Caroline D.