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[Dépoussiérez vos classiques] Trois contes d’Andersen

[Carozine découvre l'album illustré Trois contes d'Andersen - Hans Christian ANDERSEN - illustrations de Lionel KOECHLIN - dès 7 ans]

29 Sept. 2016

Carozine lit l'album illustré Trois contes d'Andersen - Hans Christian ANDERSEN ; illustrations de Lionel KOECHLIN
Pour une fois, dans cette chronique de « Dépoussiérez vos classiques », je ne vais pas vous forcer à grimper dans le grenier de grand-papa, à vous plier en quatre en frôlant le lumbago après avoir soulevé la commode pour y dénicher le vieux livre qui vous permet de la caler. Non. Cette fois, quelqu’un d’autre s’est chargé de ce travail ingrat : Lionel Koechlin, illustrateur de son état, est allé farfouiller dans les collections de Gallimard Jeunesse et y a dégoté Trois contes d’Andersen : La bergère et le ramoneur ; Les habits neufs de l’empereur et La princesse au petit pois. Des fables ayant directement ou non bercé notre enfance (oui, car, voyez-vous, que nous les ayons lus ou non, les contes d’Andersen ont inspiré tellement d’autres auteurs qu’ils nous sont nécessairement familiers. Eh oui ! À votre avis, qui a inspiré Toy Story, hein ? Alors ! Non mais. Sans blague.). Nous restons donc sur les terres de la littérature jeunesse avec cette nouvelle chronique consacrée à Hans Christian Andersen et ses Trois contes.

Avez-vous déjà vu un de ces buffets anciens, sculptés de feuillages et d’arabesques et noircis par le temps ? Justement il y en avait un dans le salon : orné de roses et de tulipes sur toute la hauteur, il avait appartenu à l’arrière-grand-mère. Mais ce qu’il y avait de plus étrange, c’étaient ces enroulements d’où sortaient de petites têtes de cerf avec de grandes cornes. Trois contes d'Andersen : La bergère et le ramoneur - Hans Christian ANDERSEN
L'album illustré Trois contes d'Andersen, de Hans Christian ANDERSEN - illustrations de Lionel KOECHLIN [Ed. Gallimard Jeunesse]

Trois contes d'Andersen : le retour aux sources

Trois contes d'Andersen - Hans Christian ANDERSEN - illustrations de Lionel KOECHLIN [ed. Gallimard Jeunesse]
Dans La bergère et le ramoneur, il était une fois un vénérable buffet familial sur lequel était sculpté une étrange silhouette surmontée de cornes : le Major-Général-Commandant-Pattes-de-Bouc. Et ses yeux sont rivés sur la petite table de salon sur laquelle se tient une délicate figurine : la ravissante bergère et sa finesse de porcelaine. À ses côtés, et la proximité ayant grandement aidé à ce choix : son fiancé, le ramoneur, tout de noir vêtu et tout aussi délicat que la bergère. Tous deux filent le parfait amour. Mais voilà. Un prétendu grand-père aux origines chinoises a accordé la main de la bergère au Major. Ni une ni deux, la bergère et le ramoneur s’enfuient, afin de protéger leur amour.

Avec Les habits neufs de l’empereur, nous faisons la rencontre d’un empereur grand amateur de vêtements en tous genres, qu’il aime à changer plusieurs fois par jour. Forcément, cela attire les truands. Deux filous débarquent ainsi à la cour, lui vantant les mérites d’une étoffe belle comme le soleil et ayant l’indéniable mérite de se rendre invisible aux imbéciles. Les deux filous empochent or et soie, tout en tissant dans le néant la tenue que l’empereur espère porter pour une très officielle cérémonie.

Enfin, La princesse au petit pois nous emporte à la suite d’un prince qui cherche désespérément une vraie princesse à travers le vaste monde, mais rentre bredouille. Par une nuit de violent orage, une jeune femme trempée jusqu’aux pieds et prétendant être une vraie princesse frappe à la porte du château. Une vraie princesse ? Qu’à cela ne tienne : la reine lui fera donc passer le test du petit pois afin de vérifier ses dires.

Il y avait autrefois un empereur qui aimait tant les habits neufs qu’il dépensait tout son argent à se vêtir. Qu’il passe ses troupes en revue, qu’il aille au théâtre ou qu’il se promène en forêt, il n’avait d’autre dessein que de s’exhiber dans ses nouveaux habits. Il en changeait à toute heure du jour, et comme on dit d’un roi qu’il est au Conseil, on disait toujours de l’empereur qu’il était à sa… garde-robe ! Trois contes d'Andersen : Les habits neufs de l'empereur - Hans Christian ANDERSEN
L'album jeunesse Trois contes d'Andersen, de Hans Christian ANDERSEN - illustrations de Lionel KOECHLIN [Ed. Gallimard Jeunesse]

Trois contes d'Andersen : des classiques inusables revisités sauce graphique

Trois contes d'Andersen - Hans Christian ANDERSEN - illustrations de Lionel KOECHLIN [ed. Gallimard Jeunesse]
Sur le texte, je n’aurais pas grand-chose à dire : Hans Christian Andersen y est fidèle à lui-même, qu’il s’agisse de la légèreté de son écriture, de son ton flirtant régulièrement avec l’ironie et l’humour. Avec les Trois contes d’Andersen : La bergère et le ramoneur ; Les habits neufs de l’empereur et La princesse au petit pois, on entre en terrain connu, et la magie opère. Avec élégance et une note d’espièglerie, Andersen évoque l’amour et la création d’une vie commune, la bêtise et la sagesse enfantine (oui, cette vision des hommes de pouvoir est assez réjouissante et cynique à souhait)… Quant à La princesse au petit pois, je n’ose rien dire de peur de gâcher l’effet de surprise chez ceux qui ne connaissent pas encore ce conte. Dans ces contes, ce fut un plaisir de retrouver la plume de Hans Christian Andersen, son impertinence et sa subtilité, cette fois libérée de l’aspect souvent cruel de ses contes pas si enfantins. Les Trois contes d’Andersen : La bergère et le ramoneur ; Les habits neufs de l’empereur et La princesse au petit pois sont donc illustrés par Lionel Koechlin, qui nous vient de premières amours dans le monde journalistique. Ses dessins sont hyper graphiques et se rapprochent de l’art naïf (un peu comme si le Douanier Rousseau rencontrait Keith Haring… ou un truc du genre). Je ne suis pas très fan de cet art géométrique (mais qui n’a rien à voir avec le courant des années 20, hein, soyons clair) sans perspective au trait plutôt inexpressif, mais ça apporte une petite touche colorée qui fonctionne bien avec l’oeuvre de Hans Christian Andersen. Donc bon. Pourquoi pas tenter l'aventure.

Il y avait une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une vraie ! Il fit donc le tour du monde pour en trouver une. Les princesses, ce n’est pas ce qui manquait ! Mais comment s’assurer qu’il s’agissait de vraies princesses ? Il leur trouvait toujours quelque chose qui n’allait pas. Il rentra donc chez ses parents, bien chagriné de n’avoir pas trouvé ce qu’il désirait. Trois contes d'Andersen : La princesse au petit pois - Hans Christian ANDERSEN
L'album illustré Trois contes d'Andersen, de Hans Christian ANDERSEN - illustrations de Lionel KOECHLIN [Ed. Gallimard Jeunesse]

Les détails du livre

Trois contes d'Andersen

Auteur : Hans Christian ANDERSEN
Illustrateur : Lionel KOECHLIN
Traducteur : David SOLDI
Éditeur : Gallimard Jeunesse
Prix : 16,00 €
Nombre de pages : 48
Parution : 2 mai 2016

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Trois contes d'Andersen

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure.... pour lire. So what?!

Autres lectures de Carozine : Les aventures de Beekle, Un ami inimaginaire : un album plein de poésie et de tendresse.

. 29 septembre 2016. Caroline D.