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Le silence des sirènes : une petite sirène bien fade

[Carozine dévore le roman Le silence des sirènes - Sarah OCKLER - dès 13 ans]

Carozine lit le roman Le silence des sirènes - Sarah OCKLER
Le soleil est à nouveau au zénith, le journal télévisé s’intéresse aux plages et autres bikinis sur des peaux rougissantes façon écrevisses et les feux de forêt signent le début de la saison estivale… donc, je me mets au diapason. Point trop d’originalité, il ne faut ! Je n’allais tout de même pas vous parler flocons de neige et gros bonnet, ou lecture au coin du feu. (Mais j’en serais capable.) La lecture du jour (bonjour !) est donc 100 % estivale et adolescente : il s’agit du roman de Sarah Ockler Le silence des sirènes. Bon. Je vous préviens tout de suite, si vous êtes à la recherche du Marcel version young adult, passez votre chemin. Le génie de Proust n’est pas venu se perdre dans les pages du roman Le silence des sirènes. Oh que non. Et c’est bien dommage. Mais passons. Nous embarquons donc pour les États-Unis, plus précisément dans l’Oregon (au nord de la Californie pour les brêles de la géographie américaine). Allez, on sort les marshmallows et on y va !

Nous partagions un lien indéfectible et, dès la première fois où nous avions chanté ensemble dans notre baignoire, à l’âge de trois ans, nous avions harmonisé instinctivement nos voix. Nous étions des étoiles, nous assurait Granna. Descendues du ciel pour faire de la musique et la partager avec le monde.
Deux corps, quatre poumons, une âme.
Le début et la fin. Un tout. Le silence des sirènes - Sarah OCKLER

Le silence des sirènes : une jeune fille muette tente de se reconstruire

Le silence des sirènes - Sarah OCKLER [ed. Nathan]
Nous sommes donc dans la petite station balnéaire d’Atargatis Cove, où Elyse, jeune femme en provenance directe de Trinité et Tobago, vient fraîchement de débarquer. Elle y est hébergée par une cousine de la famille (Gini) qui s’est dit qu’il pourrait être une bonne idée que la jeune femme prenne un peu l’air loin de la famille après le terrible accident qui l’a frappée et l’a rendue muette. Fâcheux quand on sait qu’Elyse se destinait à une carrière de chanteuse, en duo avec sa soeur Natalie. La vie ayant balayé les rêves de la jeune femme, Elyse tente de se reconstruire à Atargatis Cove, où elle écrit des poèmes sur le plafond de la cabine d’un voilier qu’elle pensait abonné… sauf que point du tout. Il appartient même au fils de la richissime famille Kane, le beau Christian, qui fait se pâmer les filles au moindre sourire. Quand Kane Senior parie avec le maire de la petite ville sa maison, ainsi que celle, voisine, de Gini, Kane Junior se voit contraint de participer à la régate des pirates contre son meilleur ami (fils du maire en question)… et Elyse en profite pour proposer son aide en tant que second.

Intentionnellement ou non, la gratitude se transforme souvent en une forme d’attente, d’espoir. Or, c’est une chose que de conserver une petite lueur d’espoir au fond de soi, comme une braise sur laquelle on peut souffler quand tout devient sombre. Si elle s’éteint, ça ne regarde que nous, et on est libre de la rallumer ou de baisser les bras. Mais quand on porte cette braise avec quelqu’un d’autre, pour quelqu’un d’autre, ça devient un rêve dangereux. Aussi traître que la mer, aussi fragile qu’une bulle de savon. Le silence des sirènes - Sarah OCKLER

Le silence des sirènes : roman d’apprentissage (beaucoup) trop fleur bleue

Le silence des sirènes - Sarah OCKLER [ed. Nathan]
Intrigue cousue de fil blanc ? Évidemment. Résumé bâclé qui sonne niais ? Affirmatif pour le côté niais, mais cela n’a, malheureusement, rien à voir avec mon résumé. Fâcheux. Car le roman de Sarah Ockler (déjà rencontrée dans le roman ado Cet été-là qui, déjà, ne brillait pas par sa psychologie travaillée outre mesure) sent la guimauve à pleines narines, même bouchées par une rhinite allergique. Les cent premières pages sont un vrai défi à relever quand on est habitué à une prose un peu moins basique et un poil plus élaborée. Le silence des sirènes est sirupeux au possible, dégoulinant de rose écoeurant. Mais, si l’on tient jusqu’à la fatale page cent, les choses s’améliorent. Un peu. N’exagérons rien, hein, Proust s’en retournerait dans sa tombe. Ça reste très niais, mais les personnages sont (un peu) attachants, de même que cette relation entre les deux frères. Les thèmes abordés ne sont évidemment pas d’une originalité fulgurante, non plus : premier vrai amour ; destin tracé par un père souhaitant mdeler ses enfants à son image ; difficulté de créer son propre chemin, de pardonner et de rebondir face à des rêves réduits en poussière. Je vous avais prévenu, vous n’allez pas vous fouler un neurone à la lecture du roman Le silence des sirènes. Mais bon. Les adolescentes en quête de leur premier amour devraient adorer et dévorer ce petit roman sur un coin de plage. Certes, leur culture générale n’en sortira pas grandie. Et il est bien dommage que Sarah Ockler ait une vision aussi réduite de la littérature pour les adolescents et young adults, parce qu’un soupçon de psychologie un peu plus fouillée que le bout de la lorgnette de Sigmund ne fait jamais de mal. Oh, et ne me lancez pas sur les rouages narratifs façon poutre apparente dans un studio parisien de la taille d’un cagibi. (re)Mais bon. À choisir, j’aurais plutôt tendance à orienter une ado vers la saga La passe-miroir, avec le tome 1, Les fiancés de l’hiver. Là, on passe à un niveau très largement supérieur aux pâquerettes du roman Le silence des sirènes.

L’amour est parfois un moteur, et parfois une arme. Bien souvent, il est presque impossible de faire la différence. J’avais beau en être fermement convaincue, j’étais incapable de mettre des mots sur tout cela. Sur cette douleur, cette prise de conscience. Sur le fait que, dans les yeux de M. Kane, je lisais la même tristesse que dans ceux de ma grand-mère. Sur le parallèle entre la colère de Christian et l’éternel tumulte qui bouillonnait en moi. Le silence des sirènes - Sarah OCKLER

Les détails du livre

Le silence des sirènes

Auteur : Sarah OCKLER
Traducteur : Anne GUITTON (The Summer of Chasing Mermaids)
Éditeur : Nathan
Prix : 16,95 €
Nombre de pages : 464
Parution : 6 juillet 2017

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Le silence des Sirènes

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

Autres lectures de Carozine : La mémoire de Babel (La Passe-miroir #3) : une suite flamboyante qui revient aux sources (roman dès 13 ans).

. 17 juillet 2017. Caroline D.