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The Machinist... bygones

[Critique du film The Machinist de Brad Anderson]

Carozine regarde The Machinist
Voyons... En ce lundi ensoleillé, vous vous demandez que regarder ce soir ou quel film acheter dans votre magasin préféré ? Petit conseil entre amis : évitez à tout prix le rayon où se trouve The Machinist, dont le sous-titre aurait pu être "The Machinist, ou comment faire d'une théorie intéressante, voire fascinante, un film gonflant". Pas très vendeur, certes, mais assurément véridique. Brad Anderson, avec The Machinist, vous assommera pendant une heure et de longues brouettes et confirmera ainsi l'adage voulant que tout film dans lequel figure Christian Bale est à ensevelir d'urgence au fond d'un placard (vérouillé, si possible)... Pardon, je suis mauvaise langue, la série The Dark Knight est tout à fait correcte mais c'est probablement parce que monsieur Bale porte un masque la plupart du temps (toutefois, The Dark Knight Rises confirme l'adage précédement cité... et plutôt 3 fois qu'une !). Mais les esprits appréciant la contradiction pourront toujours s'affaler devant The Machinist et me dire ensuite ce qu'ils en auront pensé. Après tout, nous sommes en démocratie.

The Machinist : quand Trevor Reznik devient fou

The Machinist [Brad Anderson]
Je suis cependant une personne fort aimable et serviable : je me fendrai donc d'un résumé de The Machinist. Trevor Reznik est insomniaque depuis un an, maigrit de jour en jour (et pas qu'un peu si l'on se fie à sa silhouette), perd la boule et note ses idées sur des post-its qui disparaissent ; Trevor jongle entre son travail de machiniste (d'où le titre du film The Machinist, oui oui, félicitations docteur Watson, vos neurones carburent à plein régime !) dans une usine, ses nuits chez une prostituée et son café rituel dans un aéroport. Outre le fait que Trevor Reznik ressemble de plus en plus à un rescapé d'Auschwitz, il commence sérieusement à délirer et à voir un dénommé Ivan le suivre dangereusement, le pousser à cran et laisser d'étranges post-its peuplés de pendus (le jeu) sur son réfrigérateur (savoir comment Ivan se serait procuré les clefs de l'appartement de Trevor n'est en aucun cas le sujet du film). Viendront compléter cette pittoresque galerie de personnages névrotiques un enfant épileptique, une propriétaire mielleuse aux cheveux blancs, des ouvriers suspicieux et un petit chef arrogant.

The Machinist : le thème du déni de réalité fait film

The Machinist [Brad Anderson]
Sauf que ce gentil résumé ne dévoile absolument pas le thème central du film (et que l'on ne comprend qu'à la fin, donc bonjour le spoiler, mais vous n'aviez de toute façon pas l'intention de perdre votre temps devant un film parfaitement oubliable) : le déni de réalité. Vous savez, ce petit mécanisme d'auto-défense que notre cerveau surpuissant met en place pour nous protéger d'une réalité qui nous effraie ? Bingo. Et donc le pauvre Trevor et sa cervelle en déconfiture tentent difficilement d'oublier la navrante réalité : Trevor Reznik est un lâche chauffard. Sa petite cervelle va ainsi se mettre à débloquer à plein régime et à créer des hallucinations, car c'est le principe de base du déni de réalité : la réalité perçue s'efface au profit d'un monde imaginaire permettant de reléguer aux oubliettes ce qui nous dérange prodigieusement dans notre réalité. Pendant tout le film, nous verrons donc Trevor Reznik errer dans un monde peuplé d'hallucinations venant déranger le cours des choses : Trevor passera ainsi à la déchiqueteuse la main de l'un de ses collègues après avoir vu Ivan lui signaler qu'il lui trancherait la gorge ; il passe ses nuits à siroter un petit noir dans le café d'un aéroport, à 1h30 précises, et à discuter avec une charmante jeune femme, qui se révélera être une vieille bique persuadée que Trevor Reznik était muet (jusqu'à ce qu'il pète un câble dans son café).

The Machinist : soporifique

The Machinist [Christian Bale]
Brad Anderson signe un film noir, aux images dérangeantes (sans compter que faire ressembler Christian Bale à un fil électrique n'était pas forcément nécessaire à l'intrigue... et surtout perdre 28 kilogrammes pour un film pareil était certainement dispensable) et au réfrigérateur sanguinolent. Un esthétisme qui n'arrive malheureusement pas à compenser l'ennui incommensurable ressenti par le pauvre téléspectateur que même l'intrigue des post-its ne parviendra pas à réveiller. Et d'où la question finale de Carozine : mais comment diable les critiques cinéma ont-ils fait pour rester éveillés pendant tout le film et surtout pour l'apprécier ?? Réponse toute trouvée de Carozine (merci Obélix) : « ils sont fous, ces critiques ». Certes, le revirement de situation final est intéressant... mais diantre, il se mérite !

Petits secrets : The Machinist

Réalisateur : Brad ANDERSON
Trevor Reznik : Christian BALE
Stevie : Jennifer Jason LEIGH
Marie : Aitana SANCHEZ-GIJON


The
machinist

11 octobre 2010
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Cinéma & Télévision . . Caroline DEBLAIS.