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Sex and the City 2 : était-ce nécessaire ?

[Critique du film Sex and the City 2 de Michael Patrick King]

Carozine regarde Sex and the City 2
Bon... déjà, en voyant les affiches du film Sex and the City 2 inonder les rues des escarpins brillantés et importables de mademoiselle Bradshaw, mon instinct me prévint de fuir à toutes cuisses et de faire un large détour à l'approche d'une salle de cinéma (ce qui fut largement facilité par les 2h30 passées à lutter vaillamment devant le très mauvais Shutter Island (dont j'avais pourtant bien aimé le livre) en me répétant "plus jamais, non jamais" ; et il faut bien le dire, le premier volet de Sex and the City fait film était déjà plutôt mauvais et insipide). Seulement une soirée passée seule devant mon écran étant traditionnellement consacrée aux pires navets, car j'aurais tout de même un peu honte d'infliger cela à mon prince charmant, le "pourquoi pas ?" jailli dans mon esprit. Mortecouille, il eut mieux valu s'abstenir de regarder Sex and the City 2 car ce fut une vaste perte de temps et de neurones. Mais comme j'apprécie particulièrement partager mes déceptions et les navets sur lesquels je tombe, voici donc sous vos yeux effarés Sex and the City 2, les talons faramineux des Louboutin de Carrie Bradshaw et ses tenues Dior.

Sex and the City 2... Vous avez dit un film commercial ?!

Sex and the City 2 [Michael Patrick King]
Outre le fait que mademoiselle Bradshaw semble avoir perdu toute notion de la réalité en épousant un richissime homme possédant voiture avec chauffeur et déclare donc retrouver le sens des réalités en pénétrant dans son 120 m² new-yorkais au dressing de la taille de mon studio, Sex and the City 2 vous endort prodigieusement au point que vous cessez de vous demander si le film décollera un jour ou s'il existe seulement un scénario comportant une histoire. Quant au terme de "film" il est largement usurpé par Sex and the City 2 : "défilé de marques" serait grandement plus approprié, au vu des avalanches d'escarpins Louboutin (qui a trouvé bon, tout de même, de nous donner une piqûre de rappel, au cas où les néophytes que nous sommes n'auraient pas repéré la célèbre semelle rouge, en faisant porter au garçon d'étage un sac de shopping au nom repérable), des vêtements Dior et autres Rolex (vintage, forcément). Autant dire que Christian Louboutin pourrait être derrière la caméra, en lieu et place de Michael Patrick King, ce serait du pareil au même et on pourrait même aller jusqu'à proposer un sous-titre à Sex and the City 2 : "le film signé Louboutin" avec un "L" taillé du bout de l'escarpin tel un Zorro de la chaussure de luxe (bon, cela serait aller contre le principe de base de Zorro, mais nous ne sommes plus à cela près).

Sex and the City 2... Les mots me manquent

Sex and the City 2 [Sarah Jessica Parker]
Toujours est-il que ce "film" débute sur un abominable et longuet mariage d'homosexuels, dont le blanc sirupeux et la (vieille et refaite à faire peur) guest star Liza Minnelli vous donnent juste envie de vous pendre, et s'achève sur une réflexion convenue et rasoir au possible de mademoiselle Bradshaw concernant le couple... Ce qui vous laisse sans voix pour deux raisons : la première est que vous vous réveillez de votre torpeur en vous demandant comment diable vous avez réussi à regarder ce navet en entier ; la seconde est que dans vos souvenirs, Sex and the City (la série) était caustique et vous vous surprenez ainsi à maudire la société de consommation et l'industrie du luxe qui en a fait un film d'une écrasante niaiserie et rempli de clichés entre l'homme amoureux de sa télévision, la nounou aux seins provocants ou encore les déboires d'être mère (ce qui fut cependant le seul passage presque amusant : une petite fille laissant une jolie marque de mains bien rouges sur la très chère jupe vintage de la maman excédée). Mais où diable est passé le sens corrosif de la série, amis scénaristes du film Sex and the City 2 (si vous existez), je vous le demande !

Sex and the City 2 : très officiellement élevé au rang de navet par Caro(z)ine

Sex and the City 2... le film
Admettons que l'on puisse passer outre les très mauvais jeux de mots et les tenues improbables de mademoiselle Bradshaw, le passage des femmes voilées se déshabillant pour montrer la collection de printemps de Dior, Gucci and co est la cerise sur le gâteau étouffe chrétien qui vous fera suffoquer si vous n'avez pas déjà décroché face à la mièvrerie ambiante. Sex and the City 2 a cependant l'extrême mérite, grâce à son histoire inexistante, de vous permettre de lire et de vous attaquer à la montagne de vêtements à repasser qui vous attend depuis des semaines, tout cela sans être complètement perdue lorsque que vous retournez vos yeux vers l'écran. Digne des Feux de l'amour.

MAJ [3/01/2013] : Enfer et damnation, je viens de voir que la poule aux oeufs d'or ne serait pas tuée de si tôt : Sex and the City 3 est, semble-t-il, prévu et porterait sur les quatre amies... version adolescentes. Samantha Jones, si l'on se fie aux sources de Marie-Claire, serait jouée par Blake Lively (Gossip Girl) ; Elizabeth Olsen (qui commence à détrôner ses soeurs sur les tapis rouges) se verrait attribuer le rôle de Carrie Bradshaw ; Emma Roberts serait la romantique et (pas si) naïve Charlotte ; enfin, Selena Gomez jouerait Miranda... Affaire à suivre ! (ou pas)

Petits secrets : Sex and the City 2

Créateur : Michael Patrick KING
Charlotte York : Kristin DAVIS
Carrie Bradshaw : Sarah Jessica PARKER
Miranda Hobbes : Cynthia NIXON
Samantha Jones : Kim CATTRALL


Sex and the
City 2

15 octobre 2010
>> Plus de cinéma de Carozine : The Machinist de Brad Anderson [critique]

Cinéma & Télévision . . Caroline DEBLAIS.