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Narcos : une première saison diablement cocaïnée [série Netflix]

[Carozine se délecte devant la série Narcos, saison 1, de Chris BRANCATO et José PADILHA]

8 Sept. 2015

Carozine regarde la série TV Narcos, saison 1 [série Netflix]
En cette période de (presque) été indien, je vous propose de vous échapper dans la jungle colombienne, de revenir aux sources du Cartel de Medellín, dont le plus célèbre membre n’était autre que Pablo Emilio Escobar Gaviria (bon, Pablo Escobar pour l’ensemble de la planète), magnat de la drogue et père des années les plus sanglantes connues par la Colombie. Comment ? me demanderont ceux qui vivent dans une caverne. Grâce à la première saison de l’excellente série Narcos, diffusée par Netflix, pardi ! Narcos nous plonge dans la Colombie des trafiquants de drogue, du début du Cartel de Medellín, jusqu’aux années 90. Et de voir cette première saison de Narcos m’a brutalement aidée à comprendre pourquoi mon ex Colombien refusait catégoriquement d’aller au restaurant… je dois bien admettre qu’il ne doit pas être des plus agréables de se retrouver truffé de plomb devant ses profiteroles. Mais revenons à nos moutons et trêve de digressions : parlons de Narcos, saison 1 !

Narcos, saison 1 [série Netflix], qui reprend les origines et le développement du Cartel de Medellín

Narcos, saison 1 [série Netflix] : un baron de la drogue ; un pays exsangue et des agents de la DEA plutôt persévérants

Narcos, saison 1 [série Netflix] : l'excellent Wagner MOURA ans le rôle de Pablo Escobar
Nous sommes à Miami, au tout début des années 1980, et l’agent de la DEA, Steve Murphy, court avec son partenaire après des hippies en tongs qui planquent de la marijuana dans leur sac-à-dos crasseux. A quelques kilomètres de là, Augusto Pinochet dessoude à tour de bras les barons locaux de la drogue mais laisse un cancrelat vivant (petite boulette de la part des soldats) : Mateo Moreno, alias Cucaracha /Cancrelat. Et Mateo Moreno a l’idée du siècle : passer les frontières, aller en Colombie et faire pote avec Pablo Escobar (secondé de son cousin Gustavo Gaviria Rivero) pour leur refiler sa production de cocaïne (car il est à présent seul sur le marché, vu que ses concurrents ont été dégommés par Pinochet, si vous suivez bien). Eureka, la voilà l’idée du siècle pour se remplir les poches ! Pablo Escobar n’ayant pas vraiment les neurones dans le même sabot, y voit aussitôt l’opportunité et s’en saisit : il vise la Floride et sa magnifique ville de Miami pour commercialiser la cocaïne que Mateo Moreno produira dans les montagnes colombiennes. Déjouant les pièges des agents de la DEA américains, rusant comme un renard, Pablo Escobar envahit rapidement l’Amérique de sa cocaïne et se retrouve avec tellement d’argent qu’il est contraint d’en enterrer sous les terres colombiennes pour ne pas attirer l’attention du FISC colombien (on a tous en mémoire la désolante façon dont Al Capone a dû tirer sa révérence !). A Miami, Steve Murphy voit son coéquipier mourir sous les balles d’un soldat de Pablo Escobar et décide aussitôt de mettre les voiles pour la Colombie, histoire de chasser ce fumier de lapin. De son côté, Pablo Escobar fonde le Cartel de Medellín, avec les frères Ochoa, Carlos Lehder et José Gonzalo Rodríguez Gacha.

Narcos, saison 1 [série Netflix], diffusée depuis le 28 août 2015

Narcos, saison 1 [série Netflix] : une série rondement menée ; un scénario du tonnerre et des acteurs flamboyants

Narcos, saison 1 [série Netflix] : le charismatique Pedro PASCAL dans le rôle de Javier Peña
Je ne vais pas tourner autour du pot de miel de Winnie pendant 116 ans : cette première saison de Narcos m’a franchement enchantée. J’ai adoré le décor (bon, je ne suis pas certaine qu’ils aient eu besoin de beaucoup de retouches pour filmer le Bogotá des années 1980), la narration, les acteurs et le scénario… Mais reprenons les choses dans l’ordre ! Et que serait la série Narcos sans son décor ? Pas grand chose. Les forêts verdoyantes de la Colombie, ses routes terreuses et poussiéreuses, et les façades décrépies de Bogotá sont un écrin « naturel » pour la série Netflix. Entre les chaleurs torrides et moites, les averses diluviennes, l’ambiance de Narcos est donnée et nous colle à la peau dès les premières minutes. Viennent ensuite les personnages de la série : jamais caricaturaux (sauf mon petit chouchou, roi du missile et dont la solution à un problème est toujours de sortir les armes : José Gonzalo Rodríguez Gacha), ils sont le nerf de cette saison 1 de Narcos. Les personnages centraux (Steve Murphy, Javier Peña, Pablo Escobar et son cousin Gustavo, le président Gaviria ou encore Horacio Carrillo) sont divinement bien travaillés et interprétés. Nul n’est manichéen et j’ai beaucoup apprécié l’évolution de Steve Murphy (excellent Boyd Holbrook, entre retenue et violence brute) dont la personnalité s’imprègne au fil des jours passés à Bogotá et Medellín de la violence berçant la Colombie : à force de côtoyer le génie machiavélique de Pablo Escobar, il décide qu’il est inutile de jouer selon les règles… autant adopter celles des bandidos. Son coéquipier colombien, Javier Peña (charismatique Pedro Pascal) prend également plus de consistance, au gré des épisodes. Quant à Pablo Escobar (parfaitement incarné par Wagner Moura, jouant entre terreur, grotesque, gravité, nous rendant ce personnage -qui frôle le mythe- profondément humain), j’ai follement aimé en découvrir les nombreuses facettes car c’est lui, bien sûr, qui capte toute la lumière de la série Narcos. Evidemment, c’est une personnalité connue à travers le monde, mais ses visions politiques et un poil idéalistes (du moins au début du Cartel de Medellín) m’étaient inconnues, de même que sa transformation de « Robin des bois » en terroriste sans foi ni loi (Plata o Plomo revient d’ailleurs fréquemment, pour mon plus grand plaisir !). Entre monstre d’indifférence quant aux dommages collatéraux semés sur le passage de sa vengeance, égocentrisme pur et génie du business qui retombe toujours sur ses pattes, il m’a fascinée.

Narcos, saison 1 [série Netflix] : le truculent Pablo Escobar devant ses montagnes de cocaïne, prêtes à envahir le monde

Enfin, la structure même de cette saison 1 de Narcos est très bien trouvée : oscillant entre flash-backs, explications sur les narcotrafiquants (parce qu’ils sont un paquet), images d’archives, action endiablée et voix off de Steve Murphy nous emmenant au coeur de la traque de Pablo Escobar par les agents de la DEA, elle épouse parfaitement le sujet et nous englue dans l’ambiance de la Colombie des années 1980. On ne s’ennuie pas une seule seconde devant la série Netflix Narcos, mais la psychologie n’en est pas, pour autant, absente (notamment dans les jeux politiques, l’évolution des personnages principaux, l’opposition entre le loup et l’agneau pas si fragile ni démuni). Etre au coeur des luttes de pouvoir, de la naissance de la puissance des cartels de la drogue, de la destruction d’un pays livré au bon vouloir d’un seul homme, la lutte intestine entre les autorités et les narcotrafiquants est une sacrée prouesse et j’ai été absolument subjuguée par la série Narcos (saison 1). Les faits (réels) sont tellement improbables qu’ils fournissent une matière parfaite et la saison 1 de Narcos sait les exploiter, les sublimer… et nous rendre accro. La seule déception ? Peut-être auraient-ils pu prendre un peu plus leur temps, étant donné qu’une saison 2 est déjà prévue.

Narcos, saison 1 [série Netflix] : Pablo Escobar, baron de la cocaïne colombienne
Trailer de la série TV Narcos, saison 1 [série Netflix]

Les détails

Petits secrets de Narcos

La série Narcos est basée sur des faits réels : les agents de la DEA Steve Murphy et Javier Peña ont réellement existé et les acteurs les incarnants ont même passé une journée en leur compagnie, au centre de formation de la DEA.
Créateurs : Chris BRANCATO ; Carlo BERNARD ; Doug MIRO
Scénario : Chris BRANCATO
Réalisateur : José PADILHA
Pablo Escobar : Wagner MOURA
Steve Murphy : Boyd HOLBROOK
Javier Peña : Pedro PASCAL
Gustavo Gaviria : Juan Pablo RABA
Cesar Gaviria : Raúl Méndes
Horacio Carrillo : Maurice COMTE

8 septembre 2015

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. . Caroline D.

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