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Inception : de l'utilisation des rêves

[Critique du film Inception de Christopher Nolan]

10 Déc. 2010

Il était grand temps pour Caro(z)ine de se plonger dans le monde virtuel du blockbuster de l'été dont on nous a rebattu les oreilles pendant des mois (et des mois) et dont les bandes-annonces étaient plutôt alléchantes : Inception, signé Christopher Nolan et avec Leonardo DiCaprio en tête d'affiche (en plus de l'assomannte Marion Cotillard dont Christopher Nolan semble être friand). Grand temps ? Peut-être pas... car Inception confirme l'adage selon lequel "trop de publicité tue le film" (et avec Inception, nous avons été servi) ; après avoir attendu des mois pour le voir et avoir bâti de folles espérances sur ce film au budget proprement monstrueux, la déception fut au rendez-vous. Sans être mauvais, Inception ne relève pas toutes mes attentes et ne reste mémorable que par ses formidables prouesses techniques, ce qui est déjà pas mal, me direz-vous... Mais malheureusement pas suffisant pour en faire le film de l'année (du moins à mon très humble avis).

Inception : plongée dans le subconscient

Inception [Christopher Nolan]
Dom Cubb (alias Leonardo DiCaprio, qui semble avoir pris un abonnement aux blockbusters, ces derniers temps) est un as de l'extraction : dérober les rêves des gens pour les revendre à de cupides multinationales, ravies de ce nouveau procédé d'espionnage industriel. Recherché dans tous les pays pour le meurtre de sa femme, Dom Cubb se trouve contraint d'accepter une périlleuse mission : l'inception. A partir du concept, pas vraiment révolutionnaire, qu'il est tout à fait possible d'implanter la graine d'une idée dans l'esprit de quelqu'un, qui sera par la suite absolument persuadé que l'idée, germée, vient de lui (et avouez que cela vous arrive tous les jours au travail : vous voyez, navré(e), votre supérieur se pencher tout sourire par dessus votre écran d'ordinateur et vous expliquer, très fier de lui, l'idée que vous lui aviez fournie sur un plateau d'argent quelques mois plus tôt en vous expliquant, que vraiment, il a eu l'idée du siècle), Christopher Nolan nous a pondu un film un tantinet longuet. L'objectif de Dom Cubb, à grands renforts d'effets spéciaux, est d'implanter dans la petite cervelle d'un riche héritier qu'il doit disloquer l'empire fondé par son père (et faire la fortune de son concurrent) et repartir de zéro. Mais, bien sûr, il aurait été trop simple de planter le riche rejeton devant des pintes de bière et de lui dire "mon gars, tu avais des difficultés relationnelles avec papa, je sais, mais il est grand temps de t'en affranchir, bonjour Oedipe, et de faire ta propre entreprise", car comment voulez-vous faire un film de 2h30 d'une simple conversation de piliers de bar ? Christopher Nolan a donc décidé de prendre le chemin des écoliers freudiens dans son Inception : Dom Cubb sera chargé de pénétrer dans les rêves du rejeton, avec sa Dream Team, pour y implanter l'idée.

Inception : Freud s'en retourne-t-il dans sa tombe ?!

Inception [Christopher Nolan]
Et pour pratiquer l'inception, Dom Cubb ne lésine pas sur les moyens : chimiste procurant des sédatifs adaptés ; architecte capable de replier les immeubles haussmanniens de notre jolie capitale les uns sur les autres (la séquence la plus impressionnante du film Inception)... Ils plongeront donc notre pauvre rejeton manipulé dans un profond sommeil, le catapultant de rêve en rêve afin d'implanter l'idée du démembrement de l'empire paternel au plus profond de son subconscient. Subconscient qui sera représenté, de façon fort métaphorique et tellement subtile, par un coffre fort renfermant le paternel agonisant dont les propos seront allègrement déformés par l'équipe de mister DiCaprio ; ce qui pourrait prêter à sourire, mais, malheureusement, nous ne sommes pas dans le déjanté Eternal Sunshine of a Spotless Mind et l'humour n'est pas franchement de la partie dans Inception, il ne vous restera donc plus qu'à reléguer au fond de votre gorge l'éclat de rire qui montera lorsque vous découvrirez que les remparts du subconscient de notre héritier malmené ne sont autres que des militaires en combinaison blanche et grise... pauvre Freud !

Inception : un film légèrement décevant

Inception avec Leonardo DiCaprio
Pour résumer ma pensée : Inception offre, certes, du grand spectacle avec de magistrales séquences d'immeubles s'écroulant, lorsque le rêve créé de toutes pièces par Dom Cubb s'effondre, mais le reste des scènes d'action est globalement digne d'un James Bond... quant aux scènes avec Marion Cotillard, elles nous plongent dans un profond sommeil dont la musique "non je ne regrette rien" ne risque pas de nous sortir. Restent les réflexions sur la culpabilité lancinante, la mort comme unique moyen de se réveiller, la dilatation du temps et la confrontation du réel au virtuel... qui sont ensevelies sous les scènes d'action dont fourmille Inception. Pas de quoi nous tenir en haleine pendant 2h30.

Inception - bande-annonce du film

Les détails

Secrets : Inception

Réalisateur : Christopher Nolan (Memento et The Dark Knight Rises)
Dom Cubb : Leonardo DI CAPRIO
Ariane : Ellen PAGE (Juno)
Arthur : Joseph GORDON-LEVITT

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Inception

10 décembre 2010

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