En haut !

Buried : le suspense dans un cercueil

[Critique du film Buried de Rodrigo Cortés]

Bon, soyons honnête : on ne peut pas dire que les films, ces derniers temps, aient été particulièrement transcendants ou inoubliables... loin de là, même. Alors me direz-vous : « mais pourquoi diable braverions-nous ce temps de grenouille pour attraper un rhume carabiné en faisant la queue au cinéma par ce froid de canard ? » ; mais parce que le film Buried (de Rodrigo Cortés) est différent, voilà pourquoi ! Sapristi... un film qui vaut la peine de supporter les coups de pieds dans votre dossier et les bruits de papiers de bonbons froissés ? Etonnant, non ?! Ma charmante rédactrice occasionnelle, Jacinthe, est allée voir Buried, adoré le film et voici donc ce qu'elle en a pensé, sous vos yeux éblouis. Place, mesdames et messieurs, au cercueil angoissant et au terrifiant suspense du film Buried !

Buried : un cercueil + un zippo = un suspense haletant

Buried [Rodrigo Cortés]
Et pour tout vous dire, seuls le titre et l'affiche ont suffi à me décider à endurer les foules du cinéma pour voir le film Buried (oui, parce que, bon… Rodrigo Cortés et son acteur Ryan Reynold ne m'étaient pas particulièrement familiers) : un homme coincé dans un cercueil et dont une flamme de zippo éclairait le visage.
L'intégralité du film Buried se déroule dans un cercueil et dès les premières minutes, on se glisse dans la peau du personnage, on respire à travers lui l'air comprimé du cercueil, on prend pour nous ses émotions et ses angoisses... surtout les angoisses, d'ailleurs, car être enfermé dans un cercueil est très certainement une phobie partagée par plus d'un et tout le monde n'est pas une Uma Thurman entrainée par un maître à la longue barbe et au sourire moqueur, et qui réussit ainsi à fracasser du bout des doigts le cercueil dans lequel elle était plongée (bonjour Kill Bill volume 2), mais passons. Et tandis que l'on vit à travers ce personnage enfermé dans son cercueil dans le fin fond du désert, la magie opère : la salle de cinéma disparaît (oui, oui, même le voisin quie renifle toutes les 5 minutes).

Buried : le renouveau du huis clos

Buried [Rodrigo Cortés]
L'histoire ? Facile, Emile : un convoi de camions de livraison est pris d'assaut par des terroristes (et, oui, je doute que les camions en question contenaient votre livraison vente-privee.com ou la carte postale de votre tante Joséphine envoyée d'un orphelinat perdu du Guatemala, mais franchement la question n'est pas de savoir ce qu'il y avait dans ces fichus camions) ; tous les chauffeurs vont périr, sauf, forcément, notre personnage principal, qui se retrouve enfermé dans un cercueil enseveli dans le désert. Ou pas : le trait de génie de Rodrigo Cortés est de ne pas nous donner les réponses et de toujours nous laisser dans le doute ; donc on suppose que les autres chauffeurs ont été laissés pour morts et que notre cercueil se trouve dans le désert.
La manipulation du terroriste exigeant une rançon pour [nous] faire sortir du cercueil vient compléter celle du gouvernement américain (et que je ne vous prenne pas à vous lancer dans vos théories de camps perdus dans les champs texans) qui se complait à [nous] donner des informations contradictoires quant à l'organisation de notre sauvetage, ce qui nous plonge dans une incroyable confusion tout au long du film Buried. Ah ! Et comment donc pouvons-nous contacter le gouvernement américain (qui ne semble pas franchement pressé de nous faire sortir) si nous sommes coincés dans un cercueil ? Mais parce que les terroristes ont jugé amusant de faire de la publicité pour BlackBerry et de nous en laisser un dans notre cercueil, avec un zippo (si jamais nous avions peur du noir).
Et commence ainsi le haletant compte à rebours et l'égrenage des secondes (car combien de temps pourrons-nous respirer dans ce cercueil ?) avec la question qui nous trottera dans la tête pendant toute la durée de Buried (mais oui, jusqu'à la dernière seconde !) : allons-nous nous en sortir ? (et, accessoirement, peut-on vraiment capter un quelconque réseau enterré six pieds sous le sable ? (re)Ah !)

Buried : un film à ne pas manquer

Buried [Ryan REYNOLDS]
Le film Buried est un vrai petit bijou à aller voir (les claustrophobes pourront toutefois s'abstenir d'aller dans une salle obscure) : peurs ; larmes et espoir composent le menu du film Buried. Faire ressentir une palette d'émotions aussi large à un spectateur gentiment assis devant un film qui se déroule dans une boîte, avec un seul et unique personnage (et deux accessoires, ce qui ne fait pas bien lourd), dans une quasi totale obscurité était un défi délicat, mais brillamment relevé par ce réalisateur espagnol qu'est Rodrigo Cortés dont le film Buried est un véritable succès. Et je remercie bien bas Jacinthe d'avoir participé à Caro(z)ine avec sa critique de Buried !

PS. : entre la critique publiée et la mise à jour pour la refonte de Caro(z)ine, ô joie intense, Buried est sorti en DVD... enjoy !

Petits secrets : Buried

Réalisateur : Rodrigo CORTES
Paul Conroy : Ryan REYNOLDS
Jabir (voix) : José Luis GARCIA PEREZ
Dan Brenner (voix) : Robert PATERSON


Buried

11 novembre 2010 par Jacinthe SIVAMANI
>> Plus de cinéma de Carozine : Imogène McCarthery : un film farfelu [critique]

Cinéma & Télévision . . Caroline DEBLAIS.