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Bloodline [saison 1] : tonnerre en Floride (mais il faut le temps)

[Carozine se délecte devant la série Bloodline -saison 1- de Todd A. KESSLER, Glenn KESSLER et Daniel ZELMAN]

20 Mai 2015

Carozine regarde la série TV Bloodline [saison 1] sur Netflix
Les amateurs de Netflix et de ses nombreuses séries TV auront eu du mal à passer à côté de la série télévisée annoncée comme l’événement de l’année : Bloodline. Le pitch ? Une famille sous le soleil de Floride (et les tempêtes tropicales qui vont de pair) loin d’être parfaite. Créée par Glenn et Tood A. Kessler, la série Bloodline avait tout pour nous enchanter et nous faire décoller, dans ce petit coin de paradis où le pêché sourde à chaque mouvement de caméra. Oui, mais finalement, on n’est pas si accroché que cela. Oups. Non pas que le destin de la famille Rayburn nous passe au-dessus des sourcils (ou de notre coloration rose) ou que les acteurs soient mauvais. Non non. Néanmoins, il manque un soupçon de rythme et un petit je-ne-sais-quoi pour que la série Bloodline puisse réellement nous tenir en haleine pendant les premiers épisodes… mais réalisons un flash-back (la série en est spécialiste) sur cette saison 1 de Bloodline qui mérite tout de même le détour car, oui !, elle possède des arguments solides et saura se faire apprécier malgré ses défauts.

Bloodline [saison 1], série TV diffusée sur Netflix depuis mars 2015 et créée par Todd A. KESSLER, Glenn KESSLER et Daniel ZELMAN (connus pour la série TV Damages)

Bloodline, saison 1 : les Rayburn, père, fils, fille, mère… et leurs (noirs) secrets

Bloodline [saison 1], série TV diffusée sur Netflix
La famille Rayburn tient un ravissant hôtel en bord de plage, dans l’archipel paradisiaque des Keys. Ils sont tellement bien intégrés dans leur charmante communauté que les influents de l’archipel souhaitent nommer une jetée à leur nom. Couplant l’occasion avec l’anniversaire de l’ouverture de l’hôtel, Sally et Robert Rayburn donnent une grande fête… on y trouve John Rayburn (second fils, au caractère sage, pondéré et grand admirateur des règles dictées, devenu officier de police au Monroe County Sheriff’s office), Meg Rayburn (petite dernière dénichée par la caméra en train de s’envoyer en l’air dans une voiture avec un homme qui, comme on l’apprendra rapidement, n’est pas son fiancé mais son client, devenue avocate dans les Keys) et Kevin Rayburn (dernier fils de la famille, tête brûlée et grande gueule tenant un atelier de réparation de bateaux, toujours dans les Keys, et en plein divorce). Mais ce n’est pas tout car, l’occasion étant trop belle, le fils aîné de la famille, celui qui a toujours été tenu à l’écart par le père, revient avec ses casseroles : Danny Rayburn. Et c’est là que les choses se dégradèrent. Car Danny est le roi de l’entourloupette, l’as de l’arnaque et des coups foireux. Il retrouve (trop) rapidement son ami de toujours, Eric O’Bannon, qui a le chic pour tremper dans des magouilles pas claires et sort à peine de prison. Aussitôt, Eric lui trouve un super plan : refourguer des bidons d’essence louches à des hommes encore plus louches. Manque de bol, ce petit trafic 1) ne rapporte pas assez à Danny l’embrouille et 2) côtoie dangereusement l’enquête menée par John Rayburn sur des immigrantes retrouvées mortes et brûlées dans les eaux turquoise plus vraiment paradisiaques.

Bloodline [saison 1], avec le parfait Ben MENDELSOHN dans le rôle de Danny Rayburn

Bloodline, saison 1 : un bilan mitigé pour une série qui finit par prendre son envol

Bloodline, saison 1 - série TV Netflix Original
Profitant de la vague des séries à « ambiance » comme le furent les brillantes séries TV Fargo ou encore True Detective, la saison 1 de la série Bloodline prend son temps pour poser les bases de cette intrigue de frères ennemis. En soi, je n’ai rien contre. Sauf quand cela n’apporte pas forcément grand chose. Ce que j’avais aimé dans la série TV True Detective, c’était la façon de filmer les paysages et d’en imprégner l’ambiance de la série, de percevoir le caractère des personnages dans les non-dits. Le problème dans la saison 1 de Bloodline est que l’on passe rapidement d’un personnage à l’autre, oscillant entre les quatre enfants (et la cinquième dont le fantôme se fait vite ressentir) et les flash-backs, mais que cela ne pose pas, pour autant, l’ambiance de la série, son caractère (car filmer la mer transparente ou un homme de profil ne suffit pas toujours pour faire une série contemplative). Dans les premiers épisodes, j’ai surtout eu l’impression que l’on cherchait à gagner du temps, à faire monter le suspens en coupant les flash-backs au mauvais moment (= celui où on aimerait avoir la réponse à nos questions) et en anticipant la chute. Pourquoi continue-t-on de regarder la série, alors ? Mais parce que l'on a envie de savoir comment tout cela dégénère ! Et comment le grain de sable se mettra en oeuvre. Néanmoins, au gré des épisodes de la saison 1, la série Bloodline gagne en épaisseur, de même que ses personnages. On assiste alors à une magnifique confrontation entre le frère cadet, empêtré dans sa morale et sa culpabilité, et le frère aîné, démoniaque, manipulateur et n’ayant rien à perdre car sa vie est déjà vaseuse. Ce n’est qu’alors que la série TV Bloodline devient intéressante, et pas uniquement horripilante avec ses flash-backs interrompus et ses incessants mouvements de caméra. Car le thème, bien que pas vraiment novateur, est alléchant : le bon et le mauvais fils… la famille que l’on ne choisit pas et qui, en quelques sortes, scelle notre destin. On se doute rapidement des secrets que la famille Rayburn a choisi d’enterrer et qu’elle tente de maintenir sous silence depuis trop d’années (avec un fonctionnement particulier de la mémoire, que chacun adapte en fonction de son besoin de survie) ; en revanche, l’ombre projetée par ses secrets familiaux sur Danny et sur chaque personne qu’il approche est fascinante. Parce qu’en côtoyant Danny Rayburn, les personnalités se révèlent et se retrouvent parfois bien loin de l’image qu’elles affichent. Ce que je reproche à la série TV Bloodline est de jouer sur des piliers un peu trop visibles pour maintenir le suspens à un drame familial qui, finalement, n’a pas besoin de ses effets pompeux : le personnage de Danny Rayburn (Ben Mendelsohn est juste parfait) est suffisamment opaque, profond et fascinant pour attirer à lui les projecteurs et, à l’opposé, le frère lisse, convaincu de sa morale, est tout aussi intrigant… Bloodline tenait parfaitement sur ses pieds sans en rajouter des couches. Et, heureusement, la série semble s’en apercevoir en cours de route et les derniers épisodes sont plus intenses et dévoilent tant sur les personnalités qui ont tendance à fluctuer. L’intéressant dans Bloodline ? Le glissement de terrain entre les deux frères, le subtil jeu de pouvoir au sein d’une famille, la manipulation de la mémoire et des non-dits qui détruisent une famille. Et j'aime quand le Bien et le Mal se confondent, quand les barrières morales sont diaphanes et perméables.

Bloodline [saison 1] : la confrontation des frères ennemis, avec Kyle CHANDLER et Ben MENDELSOHN
Trailer de la série TV Bloodline, saison 1

Les détails

Petits secrets de Bloodline

Au niveau des acteurs, vous reconnaitrez 1) l’homme qui lisait son journal la veille et tentait de prévenir les forcément dramatiques événements censés se dérouler le jour J (Kyle Chandler - Demain à la Une… bon, il a également joué dans Le loup de Wall Street et Argo, entre autres) 2) l’homme qui essayait de retrouver des disparus (Enrique Murciano - F.B.I portés disparus mais également Traffic de S.Soderberg) 3) la fille qui donnait un coup de main pour guérir les grands blessés et autres coupures de la main (Linda Cardellini - Urgences mais également, plus récemment, Mad Men) 4) la fille qui nous a fait peur dans Carrie, mais pas encore à cause de son nez (Sissy Spacek) et 5) la femme du Mormon polygame (Chloë Sevigny - Big Love).
Créateur : Todd A. KESSLER, Glenn KESSLER et Daniel ZELMAN
John Rayburn : Kyle CHANDLER
Danny Rayburn : Ben MENDELSOHN
Meg Rayburn : Linda CARDELLINI
Kevin Rayburn : Norbert Leo BUTZ
Sally Rayburn : Sissy SPACEK
Marco Diaz : Enrique MURCIANO
Chelsea O’Bannon : Chloë SEVIGNY.

20 mai 2015

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. . Caroline D.

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