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Un amour impossible… ……… ……… ………… …les mots me manquent [rentrée littéraire 2015]

[Carozine découvre le roman Un amour impossible - Christine ANGOT]

31 Oct. 2015

Carozine lit le roman Un amour impossible - Christine ANGOT
Un bonjour matinal (du moins c'était le cas quand j'ai entamé cette chronique) en ce samedi matin, au ciel d’un bleu lumineux ! (Non, je ne suis pas sous ecstasy.) Aujourd’hui, un exercice difficile pour la rédactrice que je suis : vous parler du dernier roman de Christine Angot, Un amour impossible. Ouaip. Ceux qui me connaissent savent que, jusqu’à ce jour déplorable, j’ai absolument (AB-SO-LU-MENT) tout fait pour éviter Christine Angot pour l’excellente raison que, de ce que j’avais pu entendre, je savais qu’elle n’était pas une romancière pour moi. Le glauque, le nombril sous toutes les coutures, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. Et là, BADAboum, une libraire incite ma chère maman à lire le dernier roman de Christine Angot en lui disant qu’il ne ressemble pas aux précédents, que vraiment c’est bien, et c’est ainsi qu’Un amour impossible a atterri entre mes mains désoeuvrées. Jour fatal.

Mon père et ma mère se sont rencontrés à Châteauroux, près de l’avenue de la Gare, dans la cantine qu’elle fréquentait, à vingt-six ans elle était déjà à la Sécurité Sociale depuis plusieurs années, elle a commencé à travailler à dix-sept ans comme dactylo dans un garage, c’était son premier poste. Il était traducteur à la base américaine de La Martinerie. Les Américains avaient construit entre Châteauroux et Levroux un quartier, qui s’étendait sur plusieurs hectares, de petites maisons individuelles de plain-pied, entourées de jardins, sans clôture, dans lesquelles les familles des militaires vivaient. Un amour impossible - Christine ANGOT

Un amour impossible : un homme égoïste et vaniteux vs. une femme amoureuse et à sa merci

Un amour impossible - Christine ANGOT [ed. Flammarion]
Je ne sais plus très bien comment Pierre, traducteur sur la base américaine de La Martinerie, rencontre Rachel Schwartz, 26 ans et secrétaire à Châteauroux ; il l’invite à danser et hop-la-boum tsouin tsouin, c’est le coup de foudre… du moins, pour elle. Ils sont aux antipodes l’un de l’autre : Pierre, sûr de lui, de son intelligence, est un anti-conventionnel, anti-mariage (quoique), à cheval sur la linguistique ; elle n’a que son doux sourire et ses fautes de français. Forcément, elle est en admiration éperdue devant cet homme qui lui explique rapidement que le mariage, c’est non, mais un enfant, pourquoi pas. Et, justement, cet enfant ne tardera pas. Sauf, qu’entre temps, le père s’est fait la malle. Rachel accouche seule de sa fille, Christine, et fait la sourde oreille quand Pierre lui propose de lui dénicher un appartement à Paris, comprenant bien que lui n’était pas inclus avec le canapé. Rachel préfère conserver sa vie, en offrir une à sa fille, et l’élève donc seule, offrant des possibilités de rencontre à Pierre, qui se débine systématiquement. Alors que Christine a 6 ans, il débarque à nouveau dans leur vie, marié (tiens, donc), refusant toujours toute implication de Rachel ou de Christine dans sa vie. Néanmoins, il écrira régulièrement (ou non) et finira par accepter de reconnaître sa fille, Christine… Angot, après moult tergiversations.

— Rachel, ne redis plus : « Notre rencontre, elle ». Notre rencontre. Appartient. À quelle catégorie. Le sujet n’a pas besoin d’être redoublé, tu l’as mentionné, on l’a entendu. On a compris de quoi tu parles. Je la situerais entre la deuxième et la troisième.
— Pierre !
— Oui.
— … Tu m’aimes ?
— Regarde-moi.
— Je te regarde. Un amour impossible - Christine ANGOT

Un amour impossible : j’ai vu, j’ai lu, je n’ai pas vaincu

Un amour impossible - Christine ANGOT [ed. Flammarion] (c) Jean-Luc Bertini
Sans avoir jamais lu Christine Angot, je savais déjà qu’elle avait de lourdes tendances à verser dans l’autobiographie. La découverte de l’amour impossible unissant ses deux parents, et de son enfance, n’est donc pas vraiment une surprise. Et leur histoire d’un amour inaccessible aurait pu être la base d’un excellent roman. Sauf que non. L’écriture de Christine Angot est froide, sèche et parsemée de passages érotiques (enfin, au début, surtout, et comme je suis une fille joueuse, je vous en mets un aperçu en fin de chronique !) d’une crudité inutile, et me laisse donc de marbre. Vous avez eu un aperçu des dialogues, ça ne s'améliore pas vraiment au gré des pages (les dernières étant un peu une exception). Evidemment, on est ému par ce personnage féminin et maternel qui lutte envers et contre tous (contre tout, également, d’ailleurs), qui aime passionnément un homme d’un sombre égoïsme et se laisse aveugler par son charisme, se laisse déposséder d’elle-même par lui. Mais c’est à peu près le seul point positif que je trouve à Un amour impossible. Je n’accroche vraiment pas au style de Christine Angot ; au point que j’ai fini par lire en diagonale et que j’ai failli en louper le drame de son adolescence, discrètement glissé dans une phrase passe-partout. Et lui sert, en toute fin de roman, d’élément introductif à une réflexion sur la domination sociale (et psychique). Moui. Concrètement, ce que je retiens d’Un amour impossible est le vide et la mollesse de la mère face à la rage et la fureur de Christine Angot qui semble, comme son père, rechercher la reconnaissance sociale. Et puis, bon, faut dire ce qu’il est : le personnage masculin du père n’est pas des plus fascinants, je le trouve même plutôt étriqué ; son anti-conformisme n’est qu’une façade superficielle et son intelligence reste à prouver. Et maintenant passons à la vraie question que fait naître Un amour impossible : pourquoi un tel engouement autour de Christine Angot ? Suis-je vraiment la seule à trouver son écriture pauvre et banale ? Alors, je suis sincèrement désolée pour ce qu’elle a vécu, vraiment. Mais je ne suis pas une psychothérapie. Et, non, je ne trouve pas qu’Un amour impossible soit intéressant. Je ne sais pas, moi, mais si vous recherchez des relations amoureuses nocives, peut-être vaut-il mieux vous plonger dans le sublime et machiavélique Le destin de Mr. Crump (Ludwig Lewisohn), qui est également une autobiographie, mais qui possède une magnifique écriture et surtout un souffle romanesque (un chef d’oeuvre, en somme, et il serait temps que j’en fasse une chronique, après toutes ces années) ; si vous appréciez l’inceste, le viril et époustouflant polar Une contrée paisible et froide (Clayton Lindemuth) est fait pour vous… Enfin, à vous de voir ! Peut-être suis-je une simplette qui ne comprends rien à rien (et je dois dire que je me pose la question au vu de certaines critiques)...

Il était couché, il regardait le plafond. Puis il a tourné le visage vers elle, et il a aspiré ses lèvres. Il a remis sa main sous le drap. A introduit un doigt dans son vagin. L’a enfoncé. Un courant électrique la parcourait en surface, en même temps l’onde atteignait le fond de son être. Elle a eu l’impression d’être anéantie. C’était une impression heureuse, celle d’être un être humain mais pas forcément elle. Un amour impossible - Christine ANGOT

Les détails du livre

Un amour impossible

Auteur : Christine ANGOT
Editeur : Flammarion
Prix : 18,00 € [14,99 au format Kindle]
Nombre de pages : 216
Parution : 19 août 2015

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Un amour impossible

31 octobre 2015

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

Autres lectures de Carozine : Mary : quand la spirale de la folie nous absorbe [rentrée littéraire 2015].

. . Caroline D.

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