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Trilogie de Corfou (2) : Oiseaux, bêtes et grandes personnes… retour sur l’île lumineuse

[Carozine dévore le tome 2 de la Trilogie de Corfou : Oiseaux, bêtes et grandes personnes - Gerald DURRELL]

6 Jan. 2019

Carozine lit le roman Oiseaux, bêtes et grandes personnes - Gerald DURRELL
Pour ce tout début d’année (que je vous souhaite belle et remplie de bonheurs partagés), je ne fais pas les choses à moitié (en même temps, vu le temps dont je dispose, mieux vaut l’optimiser !) et vous parle d’un immense coup de coeur, qui n’est pas réellement une surprise… Non, non. Car j’ai terminé l’année en me plongeant avec délice (et je me demande encore où j’en ai trouvé le temps, entre une varicelle carabinée qui exigeait trois tonnes de lotion à étaler sur une pléiade de boutons et les fêtes en famille qui ne sont jamais reposantes et pendant lesquelles il y a toujours quelqu’un pour venir vous parler à la seconde même où vous vous posez dans le canapé avec votre livre, mais passons) dans la lecture du tome 2 de l’exquise Trilogie de Corfou, entamée il y a un bon moment avec le truculent tome 1 : Ma famille et autres animaux, bref, reprenons, je disais donc que j’ai dévoré le tome 2 de la Trilogie de Corfou : Oiseaux, bêtes et grandes personnes. Alors, forcément, l’année ne pouvait que bien commencer. Du moins, niveau lecture. Allez, plantez un chapeau de paille sur le sommet de votre crâne et filons entre les pages ensoleillées et sonores du tome 2 de la Trilogie de Corfou : Oiseaux, bêtes et grandes personnes.

L’île s’étale au large des côtes de Grèce et d’Albanie comme un long cimeterre rongé par la rouille. Le manche du cimeterre représente la région montagneuse de l’île, dont la plus grande partie, aride et couverte de hautes roches, est le domaine des merles bleus et des faucons pèlerins. Dans les vallées de cette zone escarpée, où l’eau coule à flot des rochers rouges et dorés, s’étendent des forêts d’amandiers et de noyers qui donnent une ombre aussi fraiche que l’eau d’un puits, des bataillons serrés de cyprès se dressant comme des lances, et des figuiers au tronc argenté et aux énormes feuilles. Oiseaux, bêtes et grandes personnes - Gerald DURRELL

Oiseaux, bêtes et grandes personnes : une famille toujours aussi attachante

Oiseaux, bêtes et grandes personnes - Gerald DURRELL [ed. La Table Ronde]
Le livre s’ouvre étrangement alors que la famille Durrell se trouve réunie sur les terres humides et moroses de l’Angleterre… et un paquet d’années s’est écoulé puisque la fratrie Durrell est sérieusement remontée contre la publication du premier livre de Gerald. Mais cet épilogue plutôt savoureux n’est que de courte durée et, rapidement, nous nous retrouvons à Corfou, sur les pas d’un Gerry redevenu petit garçon peu féru d’école mais fasciné par la nature qui l’entoure, et plus particulièrement la faune fertile de l’île. Nous retrouvons Leslie, toujours aussi amateur de fusils et aussi soupe au lait, mais également Margo, dont l’acné se complète, cette fois, d’une certaine tendance à l’obésité, et, enfin, l’inénarrable Larry et ses amis improbables qui débarquent à des heures indues. Tout ce petit monde cohabite tant bien que mal avec les animaux dénichés par Gerry, le petit dernier de la fratrie, qu’il s’entête à vouloir recueillir et sauver, malgré les jérémiades familiales et autres déconvenues…

L’air chaud, imprégné du soleil de la journée, était embaumé d’un parfum de rosée et feuilles aromatiques. Un peu grisés et alanguis par le vin, marchant entre les grands oliviers noueux dont le clair de lune zébrait les troncs, nous nous sentions tous chez nous, pleinement acceptés par l’île. Nous étions maintenant, sous le débonnaire et calme regard de la lune, baptisés corfiotes. La nuit était belle, et nous savions que, le lendemain, se lèverait pour nous un autre jour doré. C’était comme si l’Angleterre n’avait jamais vraiment existé. Oiseaux, bêtes et grandes personnes - Gerald DURRELL

Oiseaux, bêtes et grandes personnes : un roman solaire

Oiseaux, bêtes et grandes personnes - Gerald DURRELL [ed. La Table Ronde]
Ce fut un incroyable plaisir que de retrouver la famille Durrell, qui m’avait bien manquée, malgré une petite piqûre de rappel avec la série télévisée adaptée des romans de Gerald Durrell (La folle aventure des Durrell). Car la famille Durrell, source intarissable d’inspiration pour Gerry, est particulièrement haute en couleurs avec ses enfants ayant des personnalités bien affirmées et libres de s’exprimer, sous le soleil corfiote. Autour d’eux gravitent une belle galerie de personnages, tout aussi extravagants, dont une comtesse aux repas pantagruéliques, un précepteur à forme de gnome et à l’imagination débridée, un marin alcoolique ayant fait le tour des mers sans savoir nager… Mais je préfère vous laisser découvrir les formidables talents de conteur de Gerald Durrell et cette écriture fluide et érudite (qui laisse penser que, vraiment, l’éducation en plein air a du bon) parsemée de cette pointe d’humour délectable. Avec le tome 2 de la Trilogie de Corfou : Oiseaux, bêtes et grandes personnes, Gerald Durrell poursuit les aventures de la famille en Grèce, à travers sa vision des événements et ses découvertes tant animalières qu’humaines (on a d’ailleurs un magnifique aperçu des traditions corfiotes). La lecture d’Oiseaux, bêtes et grandes personnes a, comme je m’y attendais, réveillé mon envie de retourner en voyage à Corfou, île lumineuse que j’avais adorée. On se sent formidablement bien entre les pages de ce tome 2 de la Trilogie de Corfou : Oiseaux, bêtes et grandes personnes, on a le sourire aux lèvres devant les épisodes incongrus qui ponctuent la vie de la famille dans l’île et, oui, cette lecture a illuminé ce début d’année.

Un jour, nous eûmes l’un de ces orages inattendus où le ciel devient bleu-noir et où les éclairs y tracent un filigrane argenté. Puis la pluie était venue, de grosses et lourdes gouttes, chaudes comme du sang. Quand l’orage fut passé, le ciel lavé était du bleu clair d’un oeuf de mouchet. De la terre humide émanaient des parfums pénétrants, presque gastronomiques, comme une odeur de cake aux fruits, et les troncs des oliviers fumaient tandis que la pluie qu’ils avaient retenue était séchée par le soleil, chaque tronc ayant l’air d’être en feu. Oiseaux, bêtes et grandes personnes - Gerald DURRELL

Les détails du livre

Oiseaux, bêtes et grandes personnes

Auteur : Gerald DURRELL
Illustrateur : Loustal
Traducteur : Léo LACK (Birds, Beasts, and Relatives)
Éditeur : La Table Ronde
Prix : 14 €
Nombre de pages : 342
Parution : 3 avril 2014

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

Autres lectures de Carozine : De notre côté du ciel : émouvant et tendre.

. 7 janvier 2019. Caroline D.