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Ma vie de pingouin : un roman croisière qui fait du bien

[Carozine dévore le roman Ma vie de pingouin - Katarina MAZETTI]

1 Juin 2015

Carozine dévore le roman Ma vie de pingouin - Katarina MAZETTI
En ce début de semaine, je vous emmène en croisière ! Oui, oui… un avant-goût de vacances ! Et je ne radine pas sur la destination, attention, j’ai bien l’intention de vous en mettre plein les yeux car, aujourd’hui, nous nous envolerons vers Santiago pour embarquer sur un petit yacht de luxe… pour l’Antarctique. Je ne me moque pas de vous, hein ?! Et, par la même occasion, je vous fais découvrir un auteur que je ne connaissais pas encore mais dont vous avez forcément déjà entendu parler, ne serait-ce que par le titre de ces précédents livres (Le mec de la tombe d’à côté, notamment) : Katarina Mazetti. Suédoise, donc, ce qui donne un côté exotique aux noms des personnages de son dernier roman en date : Ma vie de pingouin. L’envie de vous promener aux côtés des manchots vous tenaille ? Allez, zou ! Place à la croisière, entre comédie romantique pas si légère et comédie de moeurs.

J’ai d’abord cru que c’était un grand ado qui se rétamait à mes pieds dans la navette de l’aéroport. Il avait des cheveux blond-roux en mèches rebelles et un ridicule sac d’enfant en forme de pingouin. Mais quand j’ai vu les grands yeux gris malheureux et le tremblement de la lèvre inférieure, il n’y avait aucun doute que c’était une nana, et qu’elle était assez malheureuse et plutôt gênée. Je l’ai relevée et l’ai installée sur un siège, par pur réflexe, comme si c’était un de mes gamins qui était tombé. Ma vie de pingouin - Katarina MAZETTI

Ma vie de pingouin : une croisière ; des milliers de manchots… et des humains

Ma vie de pingouin - Katarina MAZETTI [ed. Gaïa]
Nous sommes à l’aéroport Charles de Gaulle et une touriste en déroute sue à n’en plus pouvoir par peur de louper l’avion qui la conduira à Santiago (du Chili, oui oui… pas qu’il y ait beaucoup de villes appelées Santiago, mais passons), où elle doit embarquer pour une croisière vers l’Antarctique. Un peu le voyage de sa vie… autant vous dire que Wilma, 32 ans et célibataire, est prête à tout pour coller ses fesses dans l’avion. Et elle y parvient. Elle fait alors la rencontre de Tomas, 34 ans et un épais nuage noir au-dessus de la tête, qui participe également à la croisière. Dans l’avion, nous faisons également la rencontre d’Alba, septuagénaire pétillante et grande voyageuse, dont l’esprit acéré analyse et catalogue… car Alba a la ferme intention d’observer, non pas les pingouins comme les ornitologues amateurs qui ont pris leur billet pour la croisière sur l’Orlovsky, mais bien les êtres humains afin de déterminer à quelle espèce d’oiseaux ils appartiennent. Quel oiseau sera Tomas, le dépressif fraichement divorcé, incapable de tourner la page et bien déterminé à assouvir son sombre dessein ? Et Wilma, le petit chiot à l’intarissable gaieté qui inonde le monde de son optimisme ?

Devant moi marche un des faux couples. Lui a environ trente-cinq ans, il est très grand, châtain et poilu, le visage gondolé de plis de découragement. Il aurait pu être franchement avenant s’il n’avait pas tout le temps l’air d’attendre une pluie torrentielle. Elle est un peu plus jeune, grande elle aussi, avec une allure de garçon manqué (…). Maigre, plate comme une planche et des jambes comme des poteaux. (…) En revanche, pas de nuage de pluie au-dessus de sa tête - elle scintille et gazouille et montre un enthousiasme si débridé qu’on en vient à s’inquiéter pour elle… Ma vie de pingouin - Katarina MAZETTI

Ma vie de pingouin : un roman qui croque et ébouriffe

Ma vie de pingouin - Katarina MAZETTI
Je vous ai vendu du voyage, ne paniquez pas, nous y arrivons ! Ma vie de pingouin nous embarque à bord du luxueux navire l’Orlovsky et nous entraîne dans le sillage de ses touristes, découvrant éberlués les épaulards tueurs qui s’acharnent sur un phoque dont la mise à mort est tout bonnement insupportable pour une âme sensible, s’amusant devant les manchots et émus en les voyants couver avec ardeur leur future progéniture. Avec eux, on découvre la banquise, les îles Malaouines et Ushuaïa, cette ville du bout du monde où les prisons n’existent plus ; on affronte une tempête de tous les diables et on saute dans l’un des zodiacs à la découverte des éléphants de mer. Un cadre somptueux, dépaysant et rafraichissant pour un roman à la psychologie fignolée. Katarina Mazetti se concentre sur trois personnages : Wilma et l’attachement immédiat, pur et intense qui la relie à Tomas ; et Alba, la septuagénaire-albatros, qui dévore la vie à pleines dents sans le moindre regret. C’est à travers ce personnage, absolument délicieux, que Ma vie de pingouin analyse l’être humain. Car Alba, telle une Darwin des temps modernes, classe, répertorie et analyse les espèces humaines qui cohabitent sur le bateau : Brittmari la volage ; Linda, l’insupportable pétrel ; Lisa, le petit krill qui se rebiffe… La galerie de personnages est étoffée, fouillée et diablement divertissante, voire loufoque (comme les deux amies qui cherchent des veufs pour finir leurs beaux jours). Ma vie de pingouin alterne les points de vue de ses trois personnages principaux (entre Wilma, Alba et Tomas qui, tous, nous offrent une vision brute de leurs pensées, émotions et vie), que Katarina Mazetti émaille des récits de quelques croisiéristes croquignolets. Evidemment, l’intrigue se resserre rapidement autour de Wilma et Tomas, ces deux opposés qui s’attirent inexorablement et dont on pressent les secrets, nous dévoilant leurs zones d’ombre et de lumière. La perception de Tomas (qui se calfeutre pour protéger le peu que son ex-femme n’a pas fracassé et ne parvient pas à comprendre l’ouverture de Wilma), confrontée à celle de Wilma qui a l'impression de faire des montagnes russes, est jouissive... Wilma est touchante, avec sa relation paternelle déphasée et sa façon d’avoir développé des épines pour ne pas être déchiquetée par la vie (et oui, forcément, je m’y retrouve un peu)… quant à Alba, elle reste mon personnage préféré, avec sa vision acérée, son rêve de liberté et son refus d’une vie étriquée. Ses analyses mordantes et hilarantes font toute la saveur de Ma vie de pingouin et Katarina Mazetti s’en sert admirablement comme tremplin pour élargir son intrigue, rendre sa Vie de pingouin un peu moins frivole qu’il n’y paraît et picorer dans la réflexion sur la condition humaine et les relations sociales. Ma vie de pingouin est un roman croustillant, réjouissant et rafraichissant, qui se déguste sans modération, avec un gin-tonic bien corsé ! Une ode à la vie, à la splendeur de la nature… et à l’amour, forcément.

Et tout à coup, le titre m’est venu, celui de mon prochain carnet. Je crois qu’il va traiter de toutes les trouvailles qu’on peut faire dans la vie, au hasard et sans ligne directrice. Des choses qui valent la peine d’être gardées, et la manière de leur donner une seconde vie. Ma vie de pingouin - Katarina MAZETTI

Les détails du livre

Ma vie de pingouin

Auteur : Katarina MAZETTI
Editeur : Gaïa
Prix : 21,00 € [14,99 en Kindle]
Nombre de pages : 269
Parution : mars 2015

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Ma vie de pingouin

1 juin 2015

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

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. . Caroline D.

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