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Le livre sans nom : western moderne pétaradant

[Carozine dévore Le livre sans nom - ANONYME]

28 Juil. 2014

Carozine lit Le livre sans nom (pas sur cette image, mais ce n'est pas grave)
Attention braves lecteurs, voici un énorme coup de coeur (et je me demande encore comme il est possible qu’aucun réalisateur ne se soit emparé de cet ovni littéraire pour en faire un film explosif) : Le livre sans nom, d’un auteur jusqu’ici Anonyme mais que tout le monde surnomme Bourbon Kid, du nom de son héros dessoudeur en série. Pour la petite histoire, notre auteur anonyme a publié le premier chapitre de son Livre sans nom en 2007, sur un site Internet. Il a rapidement capté l’attention d’un éditeur britannique, Michael O’Mara, qui serait, à ce jour, le seul à avoir rencontré l’homme sans visage et sans nom derrière ce phénomène planétaire. Car Le livre sans nom a acquis une renommée internationale en un rien de temps… et il faut bien admettre qu’il le mérite amplement : un style électrique, une intrigue qui décoiffe et menée tambour battant, des personnages foudroyants. Le livre sans nom en a sous le capot de sa couverture noire. Autre bonne nouvelle : Le livre sans nom est le premier volet d’une série de quatre volumes dont le dernier en date n’est autre que Le livre de la mort (avouez que le titre est prometteur).

Sanchez avait horreur que des inconnus entrent dans son bar. En fait, il détestait également les habitués, mais il les accueillait tout simplement parce qu’il avait peur d’eux. Econduire un habitué, ce serait signer son propre arrêt de mort. Les criminels qui fréquentaient le Tapioca étaient toujours à l’affût de la moindre occasion d’y prouver ce qu’ils valaient, parce que c’était le plus sûr moyen d’acquérir une renommée, jusqu’au sommet de la hiérarchie du monde du crime. Le livre sans nom - ANONYME

Le livre sans nom : pierre précieuse, truands et bar crasseux

Le livre sans nom - ANONYME [Ed. Sonatine]
La petite ville de Santa Mondega, que le gouvernement américain s’entête à vouloir supprimer des cartes routières en espérant qu’elle disparaîtra dans un oubli collectif et salutaire, semble être le repaire des pires truands que comptent les Etats-Unis. Par une chaude journée, un homme encapuchonné débarque dans le bar Tapioca, où se retrouve la lie de l’humanité autour de verres puants, réclame un verre de bourbon qu’il fait remplir à ras bord et dézingue toutes les âmes présentes… à l’exception du barman, Sanchez. Cinq ans plus tard, Sanchez a fait interdire les capuches dans son bar toujours aussi crasseux et continue de servir de la pisse aux nouveaux venus. Une série de meurtres violents et étranges amène en ville un inspecteur spécialiste des affaires surnaturelles, Miles Jensen ; on lui collera aux basques un inspecteur à la retraite et complètement obsédé par le tueur en série encapuchonné qui a déjà été renommé Bourbon Kid par les autochtones. Dans une petite maison isolée, une femme magnifique se réveille après cinq années de coma et le couple l’ayant recueillie à la demande de Sanchez (qui a un faible pour les belles femmes et qui n’en revient toujours pas que celle-ci ait pu survivre à 36 balles tirées par le Bourbon Kid) ne survivra pas au passage macabre d’une cadillac jaune. A quelques jours des célébrations de la fête de la lune, deux moines férus d’arts martiaux débarquent au Tapioca afin de mettre la main sur une étrange pierre bleue : l’Oeil de la lune, dont les pouvoirs seraient nombreux et qu’un paquet de bandits locaux (dont le maître des lieux, El Santino) aimerait également avoir en leur possession. Et qu’en est-il de ce Livre sans nom que cinq des victimes ont eu entre les mains ?

La vérité, c’est que le monde entier faisait comme si Santa Mondega n’existait pas. On ne trouvait cette ville sur aucune carte, et aucun des faits étranges qui y survenaient n’était jamais relaté à la radio ou à la télé en dehors de Santa Mondega. A en croire la légende, la raison en était que Santa Mondega était la capitale des créatures du mal. Jensen se souvenait encore de ce qu’il avait ressenti lorsqu’on lui avait communiqué cette information. Son instinct lui avait dit qu’on était en train de lui soumettre un ramassis de conneries. Le livre sans nom - ANONYME

Le livre sans nom : western le plus perché ?

Le livre sans nom - ANONYME
Le livre sans nom serait-il le syncrétisme des genres littéraires ? Indéniablement. Il s’agit d’un roman inclassable qui oscille entre western, polar, science-fiction et pastiche débridé. Le livre sans nom exige-t-il un minimum de second degré ? Assurément. Car les clichés y sont nombreux et franchement réjouissants. Des femmes sublimes et fatales, des midinettes un peu cruches jouant de leurs atouts, des moines à la limite des karaté-kids, des hommes virils et des bandits pas bien futés : Le livre sans nom n’y va pas avec le dos de la cuillère de grand-mamie quand il s’agit de mettre les pieds dans le plat. Mais c’est également avec ferveur qu’il explose ces clichés, dans un jeu de massacre réjouissant et auréolé d’une sacrée rasade d’humour. Le jeune apprenti d’Hubral s’avère nettement moins innocent que son surnom ne le laisse entendre et plutôt ravi de découvrir les vices dont son éducation monastique l’a privé ; le réceptionniste cupide ou encore le tueur à gage sont bien loin de leurs apparences… en somme rien ni personne n’est réellement ce à quoi il ressemble. Le livre sans nom donne dans la surenchère, certes, mais n’est jamais manichéen. L’intrigue surréaliste est menée à bride abattue (évidemment, Le livre sans nom ne donne pas toujours dans la dentelle, mais bon), l’ambiance décrite par notre auteur Anomyme est prenante et on se plonge avec délectation dans ce condensé de violence brute. Le bémol se trouve dans l’écriture : elle se rapproche de celle d’un storyboard ; elle est très visuelle mais pas des plus marquantes ; les dialogues piochent dans la vulgarité et la testostérone pour combler leur vide ; et les références ne sont pas des plus subtiles. Il n’en reste pas moins que Le livre sans nom se lit d’une seule traite et en apnée, qu’il mérite le détour pour sa singularité et son univers cinématographique enfumé et sanglant. Bref. Je me suis régalée en lisant Le livre sans nom.

Cher lecteur,
Seuls les coeurs purs sont dignes de contempler les pages de ce livre.
Chaque page que vous tournerez, chaque chapitre que vous lirez vous rapprochera un peu plus de la fin.
Tous n’y arriveront pas. Les nombreuses histoires et les nombreux styles sont susceptibles d’éblouir et de confondre.
Et, tandis que vous rechercherez la vérité, elle ne cessera jamais d’être sous vos yeux.
Les ténèbres viendront et, avec elles, un mal indicible.
Et ceux qui auront lu ce livre pourraient ne jamais revoir la lumière. Le livre sans nom - ANONYME

Les détails du livre

Le livre sans nom

Auteur : ANONYME
Editeur : Le livre de poche
Prix : 7,60 €
Nombre de pages : 512
Parution : juin 2011

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Le Livre sans nom (plp)

28 juillet 2014

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

Autres lectures de Carozine : La clé de Salomon : sciences et polar peuvent-ils faire bon ménage ?

. . Caroline D.

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