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Le linguiste était presque parfait : burlesque et polar

[Carozine se délecte avec Le linguiste était presque parfait - David CARKEET]

21 Sept. 2013

Carozine lit : Le linguiste était presque parfait - David CARKEET
En errant dans les couloirs surchargés de livres de ma librairie préférée (ou presque), mes yeux furent interpelés par le roman de David Carkeet pour cause de titre hautement improbable annonçant un brin de folie qui n'aurait rien pour me déplaire : Le linguiste était presque parfait. La quatrième de couverture ayant associé l'auteur à David Lodge ou Donald Westlake, je me devais de vérifier ces dires et d'investir dans Le linguiste était presque parfait (car il faut toujours, oui, toujours, Docteur Watson, se méfier des 4e de couverture !)... ce qui fut une idée réjouissante : l'auteur est effectivement un poil déjanté et m'a grandement rappelé la loufoquerie de, oui, oui, Donald Westlake et son Jimmy The Kid (un roman franchement hilarant sur l'enlèvement d'un enfant quelque peu précoce par une équipe de bras cassés, ayant eu le malheur de lire un livre évoquant une stratégie plutôt valable... en temps normal) et, effectivement, les meilleures heures de David Lodge... pour une fois qu'une quatrième de couverture ne ment pas !! Fichtre...

Pour se soustraire en douceur à l'enquête que semblait mener Adam Aaskhugh, Cook avait, au fil des ans, mis au point deux stratégies. La première se révélait la plus efficace lorsqu'il se sentait mentalement ramolli, disons, après avoir bu, ou avant son café du matin : il posait d'emblée une question à Aaskhugh. Bien sûr, en retour de bâton, cela lui valait de recevoir une monumentale quantité d'informations inutiles, ce qui avait malheureusement tendance à lui ramollir davantage le cerveau. Le linguiste était presque parfait - David CARKEET

Le linguiste était presque parfait : un institut, une crèche et un meurtre

Le linguiste était presque parfait - David CARKEET [Ed. M. Toussaint Louverture]
A l'institut de linguistique Wabash, une nuée de linguistes (bon... "nuée" révèle mon tempérament marseillais, ils ne sont en fait que six au sixième étage du-dit institut) s'affaire avec ardeur autour de gremlins balbutiant afin de les étudier et d'établir de fumeuses théories hautement intelligentes et dont personne n'entendra probablement parler. Par une belle journée, alors que Jeremy Cook est chargé par son abruti de patron (mais les patrons ne sont-ils pas tous abrutis ?? et donc ne serait-ce pas là, finalement, un vilain pléonasme ?) de faire visiter l'institut à un journaliste n'ayant pas les neurones dans la même botte, Henry Philpot. Mais, ô scandale, tandis qu'ils traversent le couloir en passant devant la machine à café, les deux hommes entendent une ravissante auxiliaire décréter que vraiment "Cook n'est qu'un parfait trou du cul". Damned. Qui diable aura pu farcir une telle idée nauséabonde dans la jolie tête de cette toute nouvelle et fraichement débarquée auxiliaire ? Mystère ! L'enquête de Jeremy Cook pour découvrir le fin mot de l'histoire sera quelque peu perturbée par la découverte, le lendemain matin, du corps de l'un de ses collègues passant généralement ses journées à roupiller est retrouvé, fraîchement tondu, dans son bureau... et par l'arrivée tonitruante du ventripotent inspecteur Leaf, à l'esprit plutôt sagace.

Il n'y avait rien de plus merveilleux, songea-t-il, que de parler lorsque l'on avait vraiment quelque chose à dire, et d'user de mots si justes, dont le sens est si limpide, qu'ils ont le pouvoir de secouer la chimie intime du corps de son interlocuteur ; à cet instant, Cook éprouvait ce sentiment avec Leaf. Le linguiste était presque parfait - David CARKEET

Le linguiste était presque parfait : farfelu et jouissif

David CARKEET [auteur de Le linguiste était presque parfait]
Amis de la loufoquerie, bonjour ! Car, il faut bien l'admettre, David Carkeet ne fait pas dans la demi mesure ou n'y va pas avec le dos de la cuillère, au choix de mes braves lecteurs. Le linguiste était presque parfait fourmille d'idées incongrues et farfelues, l'enquête part dans tous les sens au point que nos linguistes finissent par tous se soupçonner les uns les autres... tout en continuant de pondre des théories nébuleuses, dont l'une plutôt brillante sur les effets de l'alcool et de la mémoire, qui pourrait, entre autres, expliquer pourquoi les gens beurrés comme des petits beurres tournent en rond dans leurs réflexions et radotent à n'en plus finir. Mais revenons-en à nos linguistes et à notre meurtre abominable : qui diable a-t-il pu faire une chose pareille ! Double mystère ! (oui, il faut y ajouter le mystère du "trou du cul" sus-nommé) Mais, pas de panique, Jeremy Cook se charge de tout... pour notre plus grand bonheur. Humour et tragédie, loufoquerie et piques des plus sérieuses s'affrontent dans une joute jubilatoire, portée par des personnages hauts en couleurs et une réflexion pas tout à fait idiote sur les relations sociales et le comportement des gens face au jugement. Le linguiste était presque parfait est rondement mené par un David Carkeet dont l'écriture est loin d'être désagréable, avec un style fuselé ne sombrant jamais dans le vulgaire et qui a le mérite de faire entrer avec brio le burlesque dans le roman policier. Epatant !

- Bien sûr, j'essaie de ne pas boire quand je suis à Wabash, cela serait contre-productif.
- J'espère bien, Emory, dit Wach dont les bajoues se mirent à trembler nerveusement d'une manière que Cook n'avait jamais observée auparavant ; ce qui le réjouit. Je ne voudrais pas que...
- Que des gens, disons de la communauté, me surprennent raide saoul et en train de sodomiser un tout-petit ? Je me doute bien, Walter, dit Milke. Inutile de rappeler constamment qui est le chef, nom d'une pipe.
- Je suis content que vous ayez conscience des complications éventuelles, dit Wach. Le linguiste était presque parfait - David CARKEET

Les détails du livre

Le linguiste était presque parfait

Auteur : David CARKEET
Editeur : Monsieur Toussaint Louverture
Prix : 19 €
Nombre de pages : 272
Parution : 18 avril 2013

21 septembre 2013

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

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. . Caroline D.

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