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Le jeu de l'ange... ou du diable

[Critique du roman Le jeu de l'ange - Carlos Ruiz ZAFON]

8 Sept. 2012

En ces jours caniculaires d'été indien, il ne pouvait être que de bon ton de se plonger dans la Barcelone des années 20 (de 1900, donc... soyons logique, docteur Watson !), nimbée de brouillard et de mystères. Le jeu de l'ange, de Carlos Ruiz Zafón, se plaça donc entre mes mains, d'autant qu'il me faisait de l'oeil depuis un certain temps, sur les rayons bondés de la librairie (et ma bonne conscience me soufflait qu'il était également largement temps de faire une petite place aux auteurs espagnols dans ma bibliothèque, entre les Russes et Britanniques du XIXe... on a la place que l'on peut, après tout !). "En voiture, Simone" et place au grand spectacle, aux ombres du passé et, pourquoi pas, au diable...

Le jeu de l'ange : amour et rédemption (ou pas)

Le jeu de l'ange - Carlos Ruiz ZAFON [Ed. Robert Laffont]
David Martín, après avoir perdu père et mère (notez, toutefois, que cette dernière ne se trouve absolument pas six pieds sous terre mais a simplement eu envie de déserter le foyer familial) et âprement lutté contre son (feu) père illettré pour lire sous sa couette (ce qui lui valu de débarquer en pleine nuit, la tête en biais par quelques arrangements paternels, dans la librairie de Monsieur Sempere, son exemplaire des Grandes Espérances planqué sous son pull), devient, par un allègre concours de circonstances, auteur employé par La Voz de la Industria, journal en décrépitude tenu par un rédacteur en chef se couvrant d'urticaire face aux adverbes. David y écrit pendant quelques temps les épisodes de Les Mystères de Barcelone, roman peuplé de cadavres et marqué par la sulfureuse Chloé Permanyer. Repéré par un duo d'éditeurs véreux (en cela amplement aidés par l'illustre Pedro Vidal, grande richesse de Barcelone mais auteur sans talent), David signe un contrat de plusieurs années le condamnant à pondre des romans noirs à tout va, sous le titre de La Ville des Maudits... décevant la femme qu'il aime éperdument (eh oui ! il y a toujours une femme !) : Cristina Sangnier, fille du chauffeur de Don Pedro. Mais peu importe, David a besoin d'argent et en profite pour investir dans une macabre maison, dotée d'une tour, devant laquelle il ne cessait de rêvasser doucettement... et où il reçoit d'étranges missives d'un, tout aussi étrange, éditeur français, désireux de créer une nouvelle religion et d'embaucher David pour rédiger un livre comme il n'en a jamais existé, une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de tuer. David se lance ainsi tête baissée dans la création du mythe, dépoussiérant les mystères de sa lugubre demeure, aidé dans sa tâche par une secrétaire au caractère bien trempé : la fougueuse Isabella.

Certains préfèrent croire que c'est le livre qui les choisit... le destin, d'une certaine façon. Ce que vous avez devant vous est la somme de siècles de livres disparus et oubliés, des livres qui étaient condamnés pour toujours à la destruction et au silence, des livres qui préservent la mémoire et l'âme de temps et de prodiges dont nul ne se souvient plus.Le jeu de l'ange - Carlos Ruiz ZAFON

Le jeu de l'ange : palpitant

Carlos Ruiz ZAFON [auteur de Le jeu de l'ange]
Voilà un roman comme La Formule de Dieu aurait dû être !! Carlos Ruiz Zafón, avec Le jeu de l'ange, nous plonge dans une histoire haletante, le tout emporté par une écriture fluide. Peuplée de cimetières de livres oubliés âprement gardés par un cerbère vieillissant, de libraires passionnés plus intéressés par l'éveil littéraire que par le gain, d'enquêteurs flegmatiques flanqués de malabars et dotée d'une bonne dose d'humour, l'histoire du Jeu de l'ange nous emporte dans un tourbillon pour nous déposer sur une plage, à peine remis de nos émotions. Entre des sorcières à la gorge ouverte par des tessons de bouteille, de machiavéliques actrices ayant sombré dans l'oubli (bien malgré elles) et des auteurs maudits, Le jeu de l'ange a de quoi nous tenir en haleine... et nous faire croire au diable (notez d'ailleurs que cela semble être un leitmotiv dans l'oeuvre de Carlos Ruiz Zafon, comme nous le verrons avec L'ombre du vent... l'auteur semble aimer créer de délicats liens entre ses oeuvres). Et si la signature de ce dernier était un nom sonnant italien et un visage aux lèvres glaciales ?

Elle croit aussi que je n'ai aucun droit à la désirer, que nous sommes deux âmes insignifiantes dont l'unique raison d'être est notre dette envers un homme qui nous a tirés tous les deux de la misère, et il se peut bien que, sur ce point aussi, elle n'ait pas tort. Peu importe. Un jour viendra où j'aurai trente ans et où je me rendrai compte que chaque heure qui passe m'écarte un peu plus de la personne que je voulais être quand j'en avais quinze.Le jeu de l'ange - Carlos Ruiz ZAFON

Les détails du livre

Le jeu de l'ange

Auteur : Carlos Ruiz ZAFON
Editeur : Pocket
Prix : 7.98 €
Nombre de pages : 666
Parution : 4 novembre 2010.

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Le jeu de
l'ange

8 septembre 2012

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

Autres lectures de Carozine : La saga des émigrants [1] : Au pays

. . Caroline D.

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