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[Dépoussiérez vos classiques] Le dernier des Mohicans

[Carozine dévore le roman Le dernier des Mohicans - James Fenimore COOPER]

10 Nov. 2017

Carozine lit le roman Le dernier des Mohicans - James Fenimore COOPER
Ouiiiiiii ! Ô joie ! Ô jouissance intense dans les foyers en déperdition littéraire : je reviens à la lecture adulte ! C’est fou, oui, je sais. Je viens donc de terminer mon petit pavé signé James Fenimore Cooper : Le dernier des Mohicans. Bon. À l’origine, c’était juste pour mon petit plaisir très égoïste. Et, de manière fort opportune, le roman Le dernier des Mohicans s’est trouvé dans la liste des lectures communes du Picabo River Book Club (sur la littérature nord américaine). Deux oiseaux, une seule pierre, bref, je ne suis pas peu fière de moi. Oui. Sauf qu’entre le moment où Le dernier des Mohicans a fait partie des lectures communes et le moment où il est enfin sorti de ma pile de livres pour tomber dans mes mains, il s’est passé tellement de temps que je n’ai pas été fichue de retrouver le post l’indiquant comme lecture. Ahem. (re) Bon. Je vous préviens, la musique du film va s’incruster dans votre petit cerveau en ébullition à la lecture de cette chronique. C’est comme cela. Vous êtes prêt ? Vous avez votre tomahawk ? Allez, on y va.

Les guerres dans les colonies d’Amérique du Nord avaient ceci de particulier qu’il fallait vaincre les difficultés et les dangers de la nature sauvage avant même de pouvoir rencontrer les ennemis. Une large frontière constituée de forêts apparemment impénétrables séparait les territoires des provinces hostiles appartenant à la France et à l’Angleterre. Le colon intrépide et le soldat européen entraîné qui se battait à ses côtés passaient souvent des mois à lutter contre les rapides… Le dernier des Mohicans - James Fenimore COOPER

Le dernier des Mohicans : des peaux-rouges et des peaux blanches

Le dernier des Mohicans - James Fenimore COOPER [ed. Gallmeister]
Nous sommes à la toute fin du XVIIIe siècle et la guerre fait rage sur les terres plus tellement vierges de l’Amérique : Français et Anglais s’entretuent sur des territoires ne leur appartenant pas réellement ; quant aux colons, ils tremblent de peur entre deux fronts violents, avec la guerre d’un côté et les Amérindiens de l’autre. Tandis que le maréchal Montcalm remonte la région des lacs vers le fort William Henry, tenu par le colonel Munro, les filles de ce dernier tentent de le rejoindre. Cora, la brune courageuse, et Alice, la frêle blonde, marchent dans la forêt, aux côtés de Heyward, fringant soldat. La petite bande est guidée par un Huron, Renard Subtil. Sauf que voilà. Comme ils l’apprennent rapidement pas un chasseur blanc, Oeil-de-Faucon, et deux Mohicans, Chingachgook et Uncas, on ne peut pas faire confiance à un Huron. Et, effectivement, Renard Subtil les a menés sur un mauvais sentier et ne tarde pas à prendre la poudre d’escampette quand ses plans sont découverts par les trois guerriers.

L’immense voûte des bois s’étendait jusqu’au torrent, surplombant l’eau, et l’ombrage donnait au courant sombre une teinte encore plus profonde. L’ardeur des rayons du soleil commençait à se faire moins vive, et la chaleur intense du jour faiblissait tandis que les vapeurs fraîches montant des sources et des fontaines s’élevaient au-dessus de leur lits de verdure et restaient en suspension dans l’atmosphère. Le dernier des Mohicans - James Fenimore COOPER

Le dernier des Mohicans : classique un poil décevant mais grandiose

Le dernier des Mohicans - James Fenimore COOPER [ed. Gallmeister]
James Fenimore Cooper a pondu son roman Le dernier des Mohicans en 1826… et cela se sent dans son écriture, certes, fluide mais quelque peu appesantie par des tournures de phrase qui ne sont pas des plus contemporaines. Ceci étant, le contexte et les décors prennent allègrement le dessus sur ces petites faiblesses de style. Et quid des personnages ? Bah… voyons… la blonde Alice est au mieux mièvre, au pire invisible et sans saveur. La brune Cora est censée avoir un tempérament de feu, mais finalement pas tant que cela, faudrait voir à ne pas trop lui donner d’indépendance, non plus, donc elle est cantonnée à être belle et à supporter avec bravoure son triste sort. Déjà pas si mal, certes. Quant à Oeil-de-faucon, il est d’un bavard ! Qualité étrange pour un homme censé être d’une efficacité à toute épreuve en matière de traque. Mais passons. Finalement, que sont les personnages ? La trame du roman ? Oui. Pas faux. Mais pas que. James Fenimore Cooper profite de son intrigue (finalement relativement fine : des jeunes femmes qui sont faites prisonnières, délivrées, puis re-capturées etc.) pour évoquer le courage, l’intégrité, la guerre, l’irruption des Blancs sur les territoires indiens qui exacerbent des tensions déjà bien palpables entre les tribus, la naissance des Etats-Unis et la disparition des Amérindiens. En revanche, je suis complètement passée à côté de la romance entre Cora et Oeil-de-Faucon, qui m’avait pourtant particulièrement émoustillée dans le film de Michael Mann (bon, pour être honnête, je n’étais vraiment pas bien vielle à l’époque, puisque j’avais onze ans) et je me demande même si elle existe réellement dans le roman de James Fenimore Cooper. Ah, Hollywood et ses ficelles pour attraper la midinette ! Bref. Sans avoir été hyper emballée, je n’en ai pas moins passé un excellent moment entre les pages du roman Le dernier des Mohicans, qui reste un palpitant roman d’aventures porté par deux charismatiques Mohicans (qui, eux, ne parlent pas des masses) que la mémoire aura bien du mal à oublier. Et des paysages à couper le souffle : purs, bruts et beaux.

…il apparaît clairement que des membres issus de la même souche que Chingachgook se trouvent au milieu de la tribu dont il nous parle ; et si notre chanteur avait consacré à d’habiles questions la moitié du souffle qu’il a gaspillé en faisant de sa gorge une trompette, nous aurions pu apprendre combien de guerriers ils ont dans leurs rangs. C’est, tout compte fait, sur un terrain dangereux que nous nous engageons, car un ami dont le visage se détourne de vous est souvent plus assoiffé de votre sang que l’ennemi qui en veut à votre scalp. Le dernier des Mohicans - James Fenimore COOPER

Les détails du livre

Le dernier des Mohicans

Auteur : James Fenimore COOPER
Traducteur : François HAPPE (nouvelle traduction)
Éditeur : Gallmeister
Prix : 12 €
Nombre de pages : 473
Parution : 17 août 2017

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LE DERNIER DES MOHICANS

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

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. 10 novembre 2017. Caroline D.