En haut !

La tristesse des éléphants : le deuil dans toute son émotion

[Carozine dévore le roman La tristesse des éléphants - Jodi PICOULT]

Carozine lit le roman La tristesse des éléphants - Jodi PICOULT
Alors que je suis à fond (les ballons) dans la préparation du carnaval (allez savoir quelle mouche m’a piquée, cette année, mais je suis au taquet) et du déguisement de la Crevette, que j’envisage déjà la décoration possible pour son anniversaire (qui n’est que dans deux mois), je me dis qu’une pause s’impose. Non, parce que préparer un anniversaire deux mois à l’avance, là, il y a de quoi ressembler à une desperate housewife et, donc, à se faire un peu peur. Je mets donc mes élans créatifs en suspens pour vous parler, pendant que j’en ai le temps, de ma dernière lecture adulte (adulte ! mais oui ! On sort enfin de la littérature jeunesse, voire rase-moquette, qui envahit le blog ces derniers temps… et mieux ! Je n’ai mis que deux semaines à le terminer ! Un truc de malade… j’ai trouvé le temps de lire, donc oui, je disais ma dernière lecture adulte) : La tristesse des éléphants, de Jodi Picoult. Ce sont les réseaux sociaux qui m’ont soufflée cette lecture (car je n’avais absolument jamais entendu parler de cette écrivaine mais le titre me plaisait incroyablement) et le Père Noël qui me l’a offert… et je suis ravie d’avoir eu ce roman dans mon chausson. La tristesse des éléphants m’a enthousiasmée au plus haut point.

Certaines personnes pensaient autrefois qu'il existait un cimetière des éléphants - un endroit où ces animaux venaient mourir quand ils étaient vieux et malades. Ils quittaient leur troupeau et s'éloignaient de leur pas lourd à travers le paysage poussiéreux tels ces titans de la mythologie grecque dont on nous parlait à l'école. La légende disait que cet endroit se trouvait quelque part en Arabie Saoudite ; qu'il en émanait une force surnaturelle ; qu'il y avait là un livre de magie pour apporter la paix dans le monde. La tristesse des éléphants - Jodi PICOULT

La tristesse des éléphants : une jeune fille à la recherche de la mère

La tristesse des éléphants - Jodi PICOULT [ed. Babel]
Jenna Metcalf a 13 ans et vit dans une maison proprette avec sa grand-mère, car sa mère, Alice, a disparu il y a dix ans, dans des circonstances plus que suspectes. Evanouie dans les airs. Quant à son père, Jenna ne le côtoie que dans l’asile psychiatrique où il tourne en rond tel un poisson dans un bocal. La seule chose dont dispose Jenna pour se souvenir de sa mère, ce sont les cahiers dans lesquels elle note ses réflexions sur le thème de ses recherches : la tristesse des éléphants et leur manière de faire face au deuil. Mais apprendre par coeur chaque page de ces carnets ne ramène pas à la vie sa mère et Jenna décide de passer à la vitesse supérieure : elle consulte Serenity, une médium talentueuse qui a perdu son don après avoir fait une erreur colossale. Et, pour mettre toutes les chances de son côté, Jenna associe également à ses recherches désespérées celui qui a bâclé l’enquête dix ans auparavant, Virgil Sandhope, qui a, depuis, quitté ses fonctions d’inspecteur pour devenir détective et sombrer dans l’alcool. Et cette équipe de bras cassés va avancer lentement mais sûrement vers la vérité qui se cache derrière la nuit de la disparition d’Alice Metcalf.

Les éléphants n’accordent pas un intérêt particulier aux os des autres animaux morts, seulement à ceux de leurs congénères. Même s’ils tombent sur le corps d’un éléphant mort depuis longtemps, ses restes dévorés par les hyènes, son squelette éparpillé, ils se rassemblent et la tension est perceptible. Ils s’approchent de la carcasse en groupe et caressent les ossements avec ce qu’on ne peut décrire que comme du respect. Ils caressent l’éléphant mort, en le touchant avec leur trompe et leurs pattes arrières. La tristesse des éléphants - Jodi PICOULT

La tristesse des éléphants : un roman émouvant et à fleur de peau

La tristesse des éléphants - Jodi PICOULT [ed. Babel]
J’ai été littéralement subjuguée par le roman de Jodi Picoult. La tristesse des éléphants fait partie de ces romans inclassables et oscille entre le documentaire animalier, la romance et le polar avec son détective désabusé. Et ce, avec l’adresse, la grâce et la légèreté du funambule. La trame principale m’aurait très certainement émue, avec cette jeune fille sensible et blessée qui cherche par tous le moyens à conserver un contact avec sa mère, à la garder à ses côtés malgré son absence cruelle. Mais, honnêtement, c’est le contexte du roman de Jodi Picoult qui m’a envoûtée : cette vision nouvelle pour moi de l’éléphant, de sa capacité d’empathie et de sa délicatesse face à la perte d’un être cher. La tristesse des éléphants est merveilleusement bien documenté et j’ai appris énormément sur les éléphants en dévorant ce roman atypique et je pense que l’éléphant va officiellement devenir mon espèce préférée ; j’ai eu plusieurs fois le coeur serré en parcourant la description du deuil ou de la séparation d’une mère et de son éléphanteau (au point que j’ai vu le Dumbo de Tim Burton peut après cette lecture et que j’en ai été bouleversée par la cruauté infligée à ces énormes bestioles au début du film, mais passons !). Jodi Picoult nous fait naviguer entre le Botswana et les Etats-Unis, mais également entre les états d’âmes de Jenna, d’Alice, de Serenity et de Virgil (ces deux derniers étant particulièrement touchants car décalés et fracassés) nous poussant à nous faufiler dans la peau de chacun d’entre eux. Le résultat de ce puzzle est un roman émouvant et abouti, une petite boule d’émotion qui, malgré cette fin qui m’a déroutée, a été un franc coup de foudre.

Elle a tendu sa trompe vers Kenosi, a caressé tout son corps de la queue à la trompe, en s’attardant à l’endroit où le fil de fer avait entaillé le cuir. Elle a enjambé l’énorme masse pour se mettre debout au-dessus de lui comme le fait une mère éléphant qui protège son petit. (…) Même quand les éléphants se sont mis à toucher Kenosi à leur tour, elle a refusé de bouger. Le soleil s’est couché, la lune s’est levée, et elle est restée là, debout, incapable de, ou ne voulant pas le laisser.
Comment dit-on adieu ?
Cette nuit-là, il y a eu une pluie de météorites. Il m’a semblé que le ciel lui-même pleurait. La tristesse des éléphants - Jodi PICOULT

Les détails du livre

La tristesse des éléphants

Auteur : Jodi PICOULT
Traducteur : Pierre GIRARD (V.O : Leaving Time)
Éditeur : Babel
Prix : 9,80 €
Nombre de pages : 522
Parution : octobre 2018

Acheter le livre


La tristesse des éléphants

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

Autres lectures de Carozine : Les grandes marées : une vague rafraîchissante d’émotions.

. 15 février 2020. Caroline D.