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La Reine des lectrices : lecture réjouissante pour redécouvrir sa passion

[Carozine dévore le roman La Reine des lectrices - Alan BENNETT]

Carozine lit le roman La Reine des lectrices - Alan BENNETT
Je ne m’arrête plus ! VVvvvRRRrrrOoooUUUmmmm ! Je suis sur ma lancée littérature et lecture de grands, ça y est, je vais finir en orbite ! Bon. Certes, la lecture du jour (bonjour !) est un tout petit roman que certains liront en un jour et non en trois comme moi. Non, mais aussi, si tout doit être chronométré, alors là, on ne s’en sort plus, dirait la mauvaise joueuse que je suis. Peu importe, me direz-vous. L’important est de s’évader par les livres. Et c’est également ce que nous rappelle Alan Bennet avec ce roman (qui est présenté, ô comble du délectable suprême, dans un carton enveloppé de tartan rouge, façon kilt écossait. La classe absolue... oui, je sais, je suis très enthousiaste et il m'en faut peu) qu’est La Reine des lectrices. Allez, on sort la cornemuse et le haut-de-forme en poils d’ours de la garde royale pour sauter gaiement entre les pages non moins guillerettes de La Reine des lectrices.

Windsor accueillait ce soir-là un banquet d’apparat : le président de la République française s’était placé aux côtés de Sa Majesté tandis que la famille royale se regroupait derrière eux ; la procession se mit lentement en marche et rejoignit le salon Waterloo.
—Maintenant que nous sommes en tête à tête, dit la reine en adressant des sourires de droite à gauche à l’imposante assemblée, je vais pouvoir vous poser les questions qui me tracassent au sujet de Jean Genet. La Reine des lectrices - Alan BENNETT

La Reine des lectrices : une Reine et, what?, un livre

La Reine des lectrices - Alan BENNETT [ed. Denoël /Folio]
Alors que ses chiens détestés unanimement par l’ensemble du palais royal l’entraînent par les cuisines jusqu’à l’extérieur du palais, la Reine (oui, celle en tailleur canari et diadème étincelant que l’on connaît) découvre l’existence du bibliobus conduit par Mr. Hutchings, et que ce même bibliobus passe tous les mercredis. Sauf que la Reine, une fois entrée dans le bibliobus et avoir fait acte de présence, ne sait pas trop quel livre choisir. Manque de chance pour elle, elle tombe sur un roman rasoir au possible, mais qu’elle lit néanmoins, étant femme de devoir, jusqu’à la dernière page. Elle le rend le mercredi suivant et, toujours incapable de dire ce qu’elle aime lire car elle n’a jamais vraiment lu jusqu’à ce jour, repart, ô chance, avec un roman nettement plus agréable… qui déchaîne sa passion pour la lecture et, indirectement, se met à dérégler son quotidien.

La reine hésita. À vrai dire, elle ne savait pas quoi répondre. La lecture ne l’avait jamais beaucoup intéressée. Il lui arrivait de lire, bien sûr, comme tout le monde, mais l’amour des livres était un passe-temps qu’elle laissait volontiers aux autres. Il s’agissait d’un hobby et la nature même de ses fonctions interdisait qu’elle eût des hobbies —qu’il s’agisse du jogging, de la culture des roses, des échecs, de l’escalade en montage, de la décoration de gâteaux ou des modèles réduits d’avions. La Reine des lectrices - Alan BENNETT

La Reine des lectrices : la passion de la lecture sublimée

La Reine des lectrices - Alan BENNETT [ed. Denoël /Folio]
Avec La Reine des lectrices, j’entame le premier roman livré dans mon (sublime) coffret Kube série limitée Angleterre (et, pour ceux qui n’avaient pas tout suivi sur mon pote bleu, il y avait aussi des bonbons, de la marmelade et, ravissement suprême, une boîte du thé des écrivains, avec les têtes de Virginia Woolf ou Oscar Wilde pour servir d’écrin à un thé au caramel ultra bon… le cocooning dans toute sa splendeur). Et ce début s’annonce très prometteur pour la suite. La Reine des lectrices d’Alan Bennett est une pure merveille. Une friandise à dévorer sans modération. Certes, l'écriture n'est pas inoubliable ni extraordinaire, on est loin de Proust. Mais on y retrouve la légèreté so british car teintée d’ironie et d’auto-dérision, de cet humour inimitable qu’on leur envie tant. Et, surtout, Alan Bennet y évoque l’éveil de la passion de la lecture, ce tsunami qui nous emporte pour ne jamais retomber, ce tourbillon qui nous emmène sur les rivages toujours plus éloignés de la littérature ; cette sensation d’infini et de temps qui manque pour tout lire. Cet émerveillement inlassable. Et, moi, ça, ça me parle. Alan Bennett évoque également, en filigrane, les réflexions nourries par la lecture et, dans ce cas précis, les états d’âme d’une reine qui, en cinquante ans de règne, a vu un peu trop de choses et de guerres et qui se sent parfois avec bien peu de pouvoir. La Reine des lectrices est un roman savoureux que j’ai adoré découvrir.

Elle découvrait également que chaque livre l’entraînait vers d’autres livres, que les portes ne cessaient de s’ouvrir, quels que soient les chemins empruntés, et que les journées n’étaient pas assez longues pour lire autant qu’elle l’aurait voulu.
Mais elle éprouvait aussi du regret, et même une certaine humiliation, en songeant à toutes les opportunités qu’elle avait laissées filer. Dans son enfance, elle avait rencontré Masefield et Walter de la Mare. Elle n’aurait d’ailleurs pas eu grand-chose à leur dire, mais elle avait également croisé T.S Eliot et Priestley. La Reine des lectrices - Alan BENNETT

Les détails du livre

La Reine des lectrices

Auteur : Alan BENNETT
Traducteur : Pierre MÉNARD (V.O : The Uncommon Reader)
Éditeur : Denoël /Folio
Prix : 4,99 €
Nombre de pages : 176
Parution : janvier 2009

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

Autres lectures de Carozine : Celle qui fuit et celle qui reste, L'amie prodigieuse III : la merveilleuse saga italienne se poursuit.

. 7 avril 2020. Caroline D.

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