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La mère parfaite : un petit coup de pied qui fait du bien

[Carozine dévore le roman La mère parfaite - Aimee MOLLOY]

19 Oct. 2018

Carozine lit le roman La mère parfaite - Aimee MOLLOY
Alors que je viens de me réveiller d’une magnifique sieste de dix minutes (c’est toujours cela de pris, il ne faut pas se plaindre !) et de m’apercevoir que la CAF avait décidé que de réduire mon temps de travail n’avait finalement pas à être compensé financièrement, cela m’apprendra aussi, un, à avoir un enfant et deux, à vouloir m’en occuper la moitié du temps. Non mais des fois. A-t-on idée, aussi. Vouloir s’occuper de son enfant. Non mais franchement. Et voilà qui nous amène sur un plateau d’argent la chronique du jour, bonjour !, avec le roman d’Aimee Molloy : La mère parfaite. Ou comment être mère dans notre monde moderne qui n’est pas franchement adapté aux jeunes mamans. Mais on survit quand même. Du moins, je crois. Cela reste à voir sur le long terme ! Allez. On empoigne sa poussette, le rase-bitume qui va avec et on file se promener entre les pages de La mère parfaite.

Je me réveille, fébrile. La pluie tambourine sur le velux au-dessus de ma tête. Telle une araignée, mes doigts glissent sur le drap à côté de moi : je suis seule, c’est vrai. Je ferme les yeux et parviens à me rendormir. Mais je me réveille à nouveau, submergée par une douleur intense et soudaine. Depuis son départ, je me lève avec la nausée tous les matins ; cette fois, c’est différent. Je le comprends tout de suite.
Quelque chose ne va pas. La mère parfaite - Aimee MOLLOY

La mère parfaite : des jeunes mères sous l’eau

La mère parfaite - Aimee MOLLOY [ed. Les Escales]
Les mères de mai se sont rencontrées via un site internet. Elles avaient le point commun de toutes être enceintes et de toutes avoir un accouchement prévu pour le mois de mai. Francie, l’échevélée reine des boulettes. Nell, l’Anglaise qui cache un secret et a une petite prédilection pour l’alcool. Colette, qui trouve toujours le temps d’acheter des petits gâteaux pour leurs réunions. Et Winnie, la mère célibataire du groupe. Les petits nés, Nell décide qu’il est plus que temps de prendre un moment pour elles et de se retrouver le soir du 4 juillet, dans un bar, pour une soirée détente entre jeunes mamans un poil débordées par les événements. Nell insiste lourdement auprès de Winnie et lui déniche même une babysitter, celle qu’elle compte utiliser dans quelques jours, quand elle devra reprendre le travail, Alma. Sauf que voilà. Les choses déraillent. Et le petit Midas, fils de Winnie, disparaît pendant la soirée.

Ces après-midi printaniers à paresser, assise dans le parc, le bébé faisant des cabrioles dans mon ventre, mes pieds gonflés comprimés dans mes sandales telles des pêches trop mûres. Avant que tous les problèmes s’accumulent, quand Midas n’était pas encore « le petit Midas », la cause que tout le monde défendait ; quand il n’était qu’un nourrisson de Brooklyn parmi d’autres, des millions d’autres, ni plus ni moins extraordinaire que la dizaine de bébés aux prénoms singuliers promis à des avenirs radieux (…). La mère parfaite - Aimee MOLLOY

La mère parfaite : roman haletant et étrangement salvateur

La mère parfaite - Aimee MOLLOY [ed. Les Escales]
Forcément, en tant que jeune maman, en voyant le résumé en quatrième de couverture, j’ai flippé. Non mais franchement, quelle idée d’envoyer un roman sur la disparition d’un bébé à une nana qui vient de passer six mois à couver sa crevette. Quoi de plus terrifiant que de se mettre dans la peau d’une femme à qui on enlève son bébé ? Mais voilà. La mère parfaite est plus qu’un roman sur une disparition. Car Aimee Molloy est une virtuose. Avec brio, elle alterne les points de vue des mères de mai : Francie, avec ses problèmes d’allaitement et qui semble au bord de la rupture émotionnelle ; Colette, qui a toutes les difficultés du monde à retrouver sa verve écrite pour pondre un roman et qui s’inquiète du bon développement de sa fille ; Nell, qui culpabilise de son comportement lors de la soirée de la disparition et reprend le travail le coeur bien lourd de laisser sa fille à la crèche. Toutes abordent un aspect de la maternité avec lequel on entre en résonance, ce qui rend la chose formidablement universelle, car toutes luttent contre cette image de la mère parfaite que la société nous impose. Quoi ?? Tu n’allaites pas et ne suis pas les recommandations de l’OMS ?? (Bon, celle-ci, je l’imagine car j’ai été une femme docile et j’allaite toujours.) Comment ?? Elle ne fait pas ses nuits ?? Mais… tu la nourris assez ?? (Non, je trouve particulièrement rigolo de la laisser crever la dalle, m’enfin.) On a beau vouloir aller au feeling, il y a toujours un moment où les remarques et autres critiques sous-jacentes nous atteignent et ravivent les angoisses. Alors, voilà. L’un des aspects du roman La mère parfaite que j’ai follement aimé est cela : la destruction du mythe de la mère parfaite pour montrer ce côté déroutant de la maternité et les réponses qui culpabilisent les parents. Mais, surtout, Aimee Molloy a merveilleusement bien construit son roman La mère parfaite : le suspens est parfaitement maintenu jusqu’aux dernières pages et ses trois détectives en herbe, dépassées par les événements, par leurs émotions et par leur maternité, sont incroyablement touchantes. Alors peut-être que ce sont les hormones qui parlent car il est certain que la maternité et ses affres sont au centre de La mère parfaite, quitte à faire un peu perdre de vue l’enquête autour de la disparition de Midas et qui a pour résultat que je considère La mère parfaite comme un roman, et non comme un thriller. Mais, moi, cela m’a follement plu. Et, pour un premier roman, je dis « chapeau ».

Et alors, si on n’arrive pas à tout faire ? Si on n’allaite pas ? Et si votre lait se tarit par exemple, malgré les innombrables plantes chinoises ingérées, ou les heures passées enchaînée au tire-lait en pleine nuit ? Ou si vous êtes épuisée à cause du manque de sommeil, des heures passées à apprendre à déchiffrer les signes de fatigue ? La mère parfaite - Aimee MOLLOY

Les détails du livre

La mère parfaite

Auteur : Aimee MOLLOY
Traducteur : Emmanuelle ARONSON
Éditeur : Les Escales
Prix : 21,90 €
Nombre de pages : 400
Parution : 11 octobre 2018

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La mère parfaite

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

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. 19 octobre 2018. Caroline D.