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Homesman : le western magnifié

[Carozine dévore le roman Homesman - Glendon SWARTHOUT]

2 Juin 2014

Parmi les conseils lecture suggérés lors d'une conférence organisée par la librairie Mollat (Didier, pas taper, pas taper) figurait Homesman de Glendon Swarthout, livre western depuis sorti sur les grands écrans avec Tommy Lee Jones, entre autres (mais pas seulement car un film avec un seul personnage serait diablement barbant). Malgré les deux semaines de rêve passées à écumer les eaux translucides de Crète (et de Santorin), j'ai eu un immense plaisir à parcourir Homesman et beaucoup de mal à me détacher de ses pages quand cela s'avérait être une nécessité (il est particulièrement déconseillé d'embarquer dans un bateau avec un livre dans une main, une valise dans l'autre, un chapeau en équilibre et un sac trop chargé). Homesman de Glendon Swarthout (qui est mort en 1992, pour ceux que cela intéresse et ceux qui seront ravis de ne pas faire de fausse note magistrale en voulant étaler leur science littéraire) fut une incroyable découverte, une pépite à mettre entre toutes les mains. Un immense coup de coeur que je tiens vraiment à vous faire partager !

Homesman : un Territoire peu hospitalier et un chariot

Homesman - Glendon SWARTHOUT [Ed. Gallmeister]
Il était une fois une bande de pionniers ayant la volonté farouche de conquérir l'ouest hostile de l'Amérique et d'y faire fortune. Manque de pot, les hivers y sont rudes et, cette fois, quatre femmes n'y auront pas résisté ; face à ces conditions terribles, elles ont perdu la tête. Et, comme cela fait plutôt mauvais genre au sein de la communauté, le pasteur Dowd décidé de faire un convoi afin de ramener les quatre folles dans leur bercail initial, à l'est. Sauf qu'il faut un "Homesman" (un "rapatrieur") pour les reconduire parce que, l'air de rien, les quatre folles n'ont plus toute leur cervelle et ne seraient pas capables de conduire un mouton dans un pré. Un tirage au sort est donc organisé et Mary Bee Cuddy, une vieille fille de 31 ans anciennement institutrice, se porte volontaire car elle voit bien qu'aucun des autres participants ne meurt d'envie de conduire un convoi de folles. Là encore, il y a un petit souci : Mary Bee a beau être gaillarde, elle ne serait pas fichue de tenir tête à une troupe d'Indiens en furie ; mais le bon barbu a de nombreux tours dans son sac et, fort facétieusement, il met sur son chemin George Briggs (ou peu importe le nom dont il se targue), voleur de terre de son état (oui, car on apprendra dans Homesman que les pionniers pouvaient se faire dérober leur terre le temps qu'ils aillent la déclarer aux autorités ce qui, en ces périodes sans avion ni TGV, pouvait prendre des lustres). Aussi sec, elle l'embauche pour conduire avec elle son convoi de folles à travers tout le Territoire.

Un coup brutal contre une vitre et Mary Bee manqua sauter au plafond. Elle porta la bougie jusque-là et c'était Briggs, évidemment, qui voulait entrer. La nuit était froide, cria-t-il, et il avait un mauvais catarrhe. Elle rétorqua que non, que c'était absolument hors de question.
Il répliqua qu'il allait entrer quand même. Elle devait bien avoir un lit dans le grenier.
Elle prit son fusil et menaça de lui tirer dessus s'il s'avisait d'entrer.
Il entra, enroulé dans sa couverture, et gravit l'échelle jusqu'au grenier tandis qu'elle restait là, le doigt sur la gâchette, comme une idiote finie. Homesman - Glendon SWARTHOUT

Homesman : du western qui décoiffe

Homesman - Glendon SWARTHOUT
D'une écriture puissante, fluide et vive, Glendon Swarthout nous donne une description mémorable et terrible de la vie dans ces contrées hostiles, aux confins des États-Unis. Avec Homesman, on découvre des conditions rudes, des paysages immenses et sauvages, des femmes marquées par la vie et n'ayant plus le courage d'y faire face. Chaque femme du convoi possède un passé que personne ne leur envierai : entre des attaques de loups et des maladies dévastatrices, ce n'est pas quatre folles que cet improbable convoi transporte mais quatre femmes malmenées par la vie. Au gré des pages de Homesman (que l'on dévore), on navigue sans cesse entre le passé, le convoi brinquebalant et ses mules épuisées, et la relation si particulière qui se crée entre Mary Bee (au caractère bien trempé mais terriblement fluctuant) et George Briggs, véritable ours mal léché mais non dénué de repartie. Homesman est un livre vibrant, peuplé de rebondissements et de descriptions à couper le souffle (car les paysages sont, ici, un personnage à part entière)... le tout saupoudré d'une bonne dose d'humour : Glendon Swarthout signe une pépite magnifique, une œuvre éternelle et puissante que l'on se délecte à découvrir sans modération.

Il se redressa brusquement et, comme terrassé par son catarrhe, il toussa, renâcla et cracha jusque dans le feu. Elle attendit. Elle l'avait pris par surprise, pensait-elle. Tant mieux. Elle lui accorderait du temps, puis lui montrerait la logique du raisonnement. Le cerveau des hommes était pareil aux essieux en bois. Ils avaient besoin d'être graissés, de temps à autre.
Elle attendit en vain. Il restait immobile comme si elle venait de lui demander de se présenter aux élections. Homesman - Glendon SWARTHOUT

Les détails du livre

Homesman

Auteur : Glendon SWARTHOUT
Editeur : Gallmeister
Prix : 23,10 €
Nombre de pages : 288
Parution : mai 2014

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Homesman

2 juin 2014

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

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. . Caroline D.

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