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Dépoussiérez les classiques ! Autant en emporte le vent : une fresque somptueuse

[Critique du roman Autant en emporte le vent - Margaret MITCHELL]

7 Déc. 2012

Il était une fois une rédactrice qui n'avait pas lu (ni vu le film, d'ailleurs, entre autres, je ne fais jamais les choses à moitié, c'est même ma devise, si si, je vous jure, promis mais pas craché car ce n'est follement pas hygiénique) un classique qui a pourtant fait frémir des générations de femmes (et d'hommes ?) : Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. Il était plus que temps de me laisser, à mon tour, emporter par les pages bouillonnantes et passionnées de ce roman ancré dans l'histoire tumultueuse des Etats-Unis... et des célèbres amants terribles (et maudits ?) que sont Scarlett O'Hara et Rhett Butler. Autant en emporte le vent est une fresque historique magistrale et l'imagination de Margaret Mitchell enfièvre chaque page... Ayant opté pour l'option du pavé découpé en plusieurs tomes (et surtout en version poche ce qui, au final, ne se révèle peut-être pas si économique que cela mais présente l'extrême avantage de découper l'investissement en trois), je commence donc (dans mon implacable logique biscornue) avec le dernier volet de la saga O'Hara : place donc à Autant en emporte le vent, tome 3.
PS. : promis, la semaine prochaine, après avoir achevé Tom Sawyer, je me plonge dans Anna Karénine ! (ahem...)

Autant en emporte le vent : une guerre ; des Sudistes remontés et une femme passionnée

Autant en emporte le vent - Margaret MITCHELL [Ed. Folio]
Le dernier volet de la version poche d'Autant en emporte le vent s'ouvre sur une Scarlett ravagée par la mort de son irlandais de père, Gérald ; le bien-vivant au ventre rebondi a rendu l'âme suite à la trahison de sa fille cadette, Suellen, qui lui a infligé l'affront ultime : le contraindre à signer un accord avec les Yankees tant honnis. La guerre de Sécession vient de s'achever, laissant la Géorgie en ruines et cendres ; les Sudistes digèrent le camouflet non seulement de la défaite mais également des lois venues du Nord et imposant une vision radicalement opposée au style de vie sudiste. Tandis que la Géorgie voit naître le Ku Klux Klan, auquel chaque homme sudiste participe, et l'émancipation tourmentée des Noirs qui se brûlent les ailes à une liberté trop rapidement donnée, Scarlett remonte à Atlanta et confie l'une de ses scieries à Ashley Wilkes, afin de pouvoir mettre au monde l'enfant de Frank, une petite fille plutôt moche (et qui s'avèrera franchement timorée au fil du dernier volet… aucune chance donc pour qu'elle s'attire les bonnes grâces de sa mère !). Après la naissance, Scarlett reprend la route des chantiers, sous la bonne garde d'un ancien forçat à la barbe brunie par la chique et dont un œil manque singulièrement à l'appel, mais, après n'en avoir fait qu'à sa tête en embauchant des forçats pour gagner de l'argent plus rapidement, Scarlett se trouve seule sur sa carriole pour aller visiter ses scieries et ce qui devait arriver arriva : elle se fait agresser par un nègre affranchi. Aussitôt, le Klan se met en marche et signe la mort de Frank (petit et négligeable dommage collatéral). A peine le corps du défunt mari refroidi que Rhett Butler se manifeste (enfin) et demande à Scarlett de l'épouser… tout en mettant les points sur les i de notre tête de mule : il ne l'aime pas mais comblera ses besoins, tant que Ashley Wilkes restera loin d'elle. Le tome 3 d'Autant en emporte le vent portera donc sur les tempêtes du mariage des amants terribles, leur petite fille Bonnie si vive et si jolie, les frasques de Scarlett.

Je me suis toujours promis de vous avoir, Scarlett, et cela dès la première fois que je vous ai vue aux Douze Chênes, ce jour où vous avez lancé un vase, où vous avez dit des gros mots et où vous avez montré que vous n'étiez pas une femme du monde. Oui, je me suis toujours juré de vous avoir d'une façon ou d'une autre. Seulement, étant donné que vous et Frank avez gagné un peu d'argent, je devine que vous ne voudrez plus jamais me faire d'intéressantes propositions d'emprunts et de nantissements. En conséquence, comme vous le voyez, j'en suis contraint à vous demander en mariage.Autant en emporte le vent - Margaret MITCHELL

Autant en emporte le vent : de la souffrance et des amants (maudits) qui se déchirent

Autant en emporte le vent - Margaret MITCHELL
Margaret Mitchell, avec ce dernier volet, renouvelle la magie : chaque page se tourne fébrilement en attente du dénouement final (qui laisse sur sa faim, autant le dire tout de suite) : emportée par l'Histoire du Sud, dont on ne connaît que les grandes lignes mais qui méritait largement un si bel écrin, et par les aventures de Scarlett O'Hara et Rhett Butler, je ne fus rassasiée qu'à la dernière ligne de cette magnifique fresque. Scarlett O'Hara est une héroïne insupportable d'égoïsme et de vanité, un personnage que l'on rêverait de secouer tel un prunier pour lui donner un peu de bon sens, dont elle ne semble être pourvue que pour les affaires, une femme dont les maris tombent comme des mouches, après avoir été volés par la belle arrogante auprès des vierges effarouchées. En somme, Scarlett est horripilante et pourtant, on suit ses aventures avec impatience et émotion, car elle reste une femme libre, ayant une volonté de fer, ne rentrant dans aucun carcan proposé par la bonne société d'Atlanta et se contrefichant des qu'en dira-t-on. Autant en emporte le vent est un roman terrible et implacable, dévoilant les affres provoquées par l'amour, la douleur que l'être aimé peut engendrer par une simple réflexion et le jeu auquel on peut se livrer pour conserver le pouvoir. Et c'est peut-être ce qui rend Autant en emporte le vent si magnifique : le refus de la facilité et du rose bonbon (bon, il est probable que cela soit dû à la mort prématurée de Margaret Mitchell), l'émotion à l'état brut. Une pépite.

Scarlett ne dormit guère cette nuit-là. Lorsque l'aube fut venue et que le soleil eut commencé sa lente ascension au-dessus des pins qui tapissaient les collines, à l'est, elle quitta son lit en désordre, approcha un tabouret de la fenêtre et s'assit. Posant la tête sur son bras replié, elle regarda la grange, puis le verger, et ses yeux se posèrent enfin sur les champs de coton. Tout était frais et humide de rosée, tout était vert et silencieux. A la vue des champs, elle sentit un baume exquis se répandre sur son cœur meurtri.Autant en emporte le vent - Margaret MITCHELL

Les détails du livre

Autant en emporte le vent

Auteur : Margaret MITCHELL
Editeur : Gallimard /Folio
Prix : 7.69 €
Nombre de pages : 463.

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Autant en
emporte le
vent [3]

7 décembre 2012

Longtemps, je me suis couché(e) de bonne heure... pour lire. So what?!

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. . Caroline D.

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