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Le Shar-Peï : une boule de plis

Réveillée à 6 heures (du matin, n'est-il pas) par un SMS tonitruant de Telemarket désirant ardemment me souhaiter une bonne année 2011, SMS auquel j'ai failli répondre « tonnerre de purée d'aisselle de bison [expression consacrée par Calamity Jane dans Lucky Luke], ce n'est pas une heure pour réveiller les gens, envoyez donc un email la prochaine fois, histoire que votre base d'emails collectés sur votre site vous serve à autre chose qu'à vous remplir les poches en la revendant à d'infâmes pollueurs de boîtes aux lettres », je fus harcelée par de nombreuses questions hautement philosophiques : les chiens plissés (le Shar Peï, donc) naissent-ils avec leurs plis ? pourquoi diable la tour de Pise est-elle penchée et le chocolat blanc si blanc ? Il est temps de s'attaquer à la première : le Shar Peï nait-il plein de ces plis dans lesquels ses courtes jambes pourraient venir s'empêtrer ? Ah ! voilà une question de la plus haute importance !

Le Shar-Peï : un chien de la Chine antique

Le Shar-Peï & ses nombreux plis
La petite boule de plis à tête d'hippopotame remonterait à la dynastie Han (200 avant notre chevelu crucifié) : des statuettes représentant le Shar-Peï (ou Sharpei) ont été retrouvées lors de fouilles. Le Shar-Peï serait ainsi originaire de la province de Guangdong et était alors l'apanage des classes ouvrières chinoises qui utilisaient le Shar-Peï pour la chasse puis les combats de chiens : avec ses yeux enfoncés (et donc difficiles d'accès pour l'autre combattant) et ses nombreux plis lui permettant de se retourner en cas d'attaque, le Shar-Peï était la star des combats. C'est à cette époque que le Shar-Peï avec de nombreux plis a été préféré à ces frères par les reproducteurs. Puis l'arrivée du communisme et de Mao, en plus d'éradiquer les élites intellectuelles, a mis à mal la race du Shar-Peï, en introduisant une taxe sur les chiens : devenant inutiles et chers, les Shar-Peï furent allègrement abandonnés dans les campagnes chinoises ; le Shar-Peï doit sa survie à Magto Law, un amoureux de la race, qui établit aux Etats-Unis un programme de reproduction de ces petites boules de plis.

Le Shar-Peï : une peau de sable

Le Shar-Peï
Conclusion de tout cela, Docteur Watson : le Shar-Peï (dont le nom chinois signifie « peau de sable ») a une peau rugueuse et surtout, comme la girafe ou l'ours polaire, une langue qui deviendra bleue quelques semaines après la naissance. Sapristi, me direz-vous, c'est bien gentil de savoir que sa langue est bleue mais la question philosophique nocturne portait sur les plis ! Remettons donc sur les rails le Docteur Watson et voyons la suite : pour que les Shar-Peï soient plein de plis sur l'ensemble du corps (ce qui n'est absolument pas recommandé), la rumeur veut qu'il faille doper la maman et le chiot aux hormones, avant la naissance de ce dernier. Pour les chiens de compétition, les plis ne sont tolérés qu'au niveau du visage et du garrot, car avoir trop de plis entraine des problèmes oculaires (forcément, les plis retombent sur leurs yeux dont les paupières ne sont pas assez fortes pour soulever les lourds plis de peau), notamment. Et donc, oui, le Shar-Peï nait légèrement plissé ; cependant, les plis se formeront de plus en plus quelques jours et semaines après la naissance, naturellement (personne ne s'amuse à tirer sur la peau du pauvre Shar-Peï pour créer des plis inexistants).

3 janvier 2011
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Bric à Brac . . Caroline DEBLAIS.