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10 ans… déjà !

[Carozine se rend compte que son blog existe depuis 10 ans, cette année... et elle... pfiou... depuis bientôt 40]

2 Mai 2020

CHHHHampAAAAaaaaagne ! 10 ans ! Si on m’avait dit, au moment du lancement de Carozine (en juillet 2010) que cette aventure m'aurait emportée aussi loin, je n’y aurais pas cru. Et en dix ans, il s’est passé tant de choses ! Tant de partenariats qui m’ont fait découvrir de nouveaux horizons et m'ont sortie de ma routine. Le blog a lentement évolué vers un blog littéraire, délaissant certaines catégories que j’aimais et pour lesquelles j’avais un gros faible (aaaaah, les expressions du Capitaine Hadock !). Mais le manque de temps érode les meilleures volontés. Et, quand je relis les chroniques des débuts, forcément, je suis assaillie de questions.

Et bientôt 40 (heureusement en fin d'année seulement)

Bah oui. Forcément. Si dix ans ont passé pour mon blog, pour moi aussi. Bonjour la crise de la quarantaine. La fameuse mid life crisis ! Je pouvais difficilement rajeunir, n’est-il pas, docteur Watson. Vous en conviendrez aisément. J’aurais pu tomber dans une faille spatio-temporelle et ne pas vieillir, mais je suis passée à côté, j’ai loupé la sortie. Et qu’est-il advenu de la jeune (si, si) femme pétillante qui s’insurgeait contre la vision archaïque de la société face aux femmes de 30 ans qui refusent de rentrer dans le moule et veulent profiter de leur jeunesse, acheter des escarpins qui achèvent leurs orteils (car, oui, messieurs les designers d’escarpins hors de prix, n’avez-vous donc jamais entendu parler d’une femme qui marcherait avec ses chaussures et ne pourriez-vous pas être plus cléments avec nos pieds ?) au lieu d’économiser ?

Eh bien, cette jeune femme est devenue grande. Et, aujourd’hui, la femme de presque 40 ans (oui, j’anticipe de plusieurs mois, je n’y suis pas encore !) se demande où sont passées cette verve, cette fraîcheur et cette insouciance.
Il y a dix ans, je démissionnais sur un coup de tête. J’avais fait le tour de mon poste de Responsable éditorial et le nouveau poste proposé par mon supérieur ne me faisait pas rêver. ET HOP ! je démissionnais et lançais Carozine…
En plus d’un service de garde de chats à domicile qui n’était absolument pas rentable… ET HOP ! il fut donc transformé en rédaction de CV, qui siphonnait mes nuits et mes journées… ET HOP ! il fut donc remplacé par de la rédaction de contenu pour une agence de communication absolument géniale qui m’a fait confiance pour préparer le contenu d’un site destiné à vulgariser la polyarthrite rhumatoïde… ET HOP ! mon prince charmant sans cheval et moi avons saturé de Paris, des files d’attente trop longues sous la pluie pour aller voir un film, de courir sans arrêt. Nous avons donc déménagé à Bordeaux et la rédaction de contenu a lentement été détrônée par mon poste actuel : envoyer aux quatre coins de l’Europe des jeunes issus de la formation professionnelle.

Nous nous sommes habitués à Bordeaux, à ses rues médiévales aux couleurs blondes. Nous avons pris le temps de vivre… jusqu’à ce que la maladie de mon prince charmant ne nous rattrape. Et n’engloutisse mon insouciance. La maladie a créé une brèche dans laquelle s’est infiltrée l’angoisse et la peur de perdre ce bonheur. Je n’ai plus 36 projets farfelus en tête (dont celui d’à nouveau démissionner et faire le tour du monde en famille, à notre rythme, façon famille Coste —sans l’accouchement filmé dans les Caraïbes, non parce que j’apprécie une certaine intimité, tout de même, juste ce qu'il faut). Les montgolfières qui me portaient se sont un peu dégonflées.
J’ai colmaté les brèches avec des pansements de fortune, et nous avons continué à avancer, bravant la tempête et continuant d’espérer dans un avenir à deux… puis, à trois. Car, oui, la jeune femme de 30 ans s’est enfin décidée à avoir un enfant.

La maternité

Ma grossesse fut une parenthèse merveilleuse pendant laquelle j’avais l’impression de pouvoir soulever des montagnes. Elle a créé une petite bulle de bonheur éclatant. Et l’arrivée de la Crevette fut la cerise de ces huit mois magiques. Mais avec la Crevette viennent les questionnements. Le stress d’être une mère à la hauteur. La peur de mal faire. Et, surtout, l’apprentissage de cette vie qui ne nous appartient plus vraiment. Déjà, avec la grossesse, on peut avoir un aperçu avec ces inconnus qui s’intéressent à votre ventre. Et la maternité le confirme : tout le monde a un avis et s’empresse de le faire entendre. « Ta petite ne dort toujours pas la nuit ? Mais, c’est que tu ne dois pas avoir assez de lait ! » « Ah, mais évidemment qu’elle ne dort pas, vous l’allaitez encore ! ». Et entre tout ça, la (plus si) jeune mère que vous êtes se perd. Elle oublie son instinct. Elle doute. Elle angoisse. Elle culpabilise. Et, encore aujourd’hui, après deux ans de nuits hachées, elle continue de se dire que, peut-être, c’est de sa faute et qu’elle a furieusement merdé quelque part pour que sa fille adorée continue de ne pas dormir la nuit.
Et, avec la fatigue et l’envie de bien faire, disparaît progressivement le côté pétillant de la jeune femme de 30 ans.
Enfin, la femme de presque 40 ans qui est devenue une maman heureuse s’aperçoit qu’elle passe ses journées entre son travail et sa Crevette et qu’elle s’oublie. Elle ne sait plus vraiment qui elle est. Ou plutôt si. Elle le sait. Elle l’a toujours su. Mais elle n’a plus le temps de l’être.

40 ans, une nouvelle page ?

Alors, la femme de presque 40 ans que je suis se donne un bon grand coup de pied dans le popotin. Elle rase le baobab qui prend racine et elle se dit que, oui oui, il est tout à fait possible de ne plus être uniquement définie par son rôle (fort plaisant) de mère et qu’elle peut sortir de cet engourdissement très agréable qui absorbe complètement. D'autres y arrivent, ce n'est donc pas une fatalité. Et, pourquoi pas ? qu’elle peut retrouver tout ce qui faisait d’elle cette jeune femme de 30 qu’elle aimait tendrement (je vous dis que si) : le côté pétillant et plein d’humour ; la légèreté ; l’optimisme sans faille ; la magie de la vie. Et peut-être même que la femme de 40 ans aura enfin le courage d’envoyer paître les inconnus avec leurs conseils foireux. Ou, au moins, de s’en foutre royalement et de suivre son instinct. D’arrêter de vouloir être parfaite. De lâcher prise. Et de s’accorder du temps pour elle.
À (pas encore) 40 ans, j’ai donc décidé que je n’étais toujours pas bonne à mettre à la poubelle.
Et, qui sait, mes 40 ans marqueront peut-être le début d’une nouvelle aventure (oui, parce qu'il est hors de question de s'encroûter, de devenir sage et encore moins de devenir une "grande personne" qui ne s'intéresse qu'aux chiffres et aux choses non essentielles, comme diraient Saint-Exupéry et son Petit Prince) ? Reste encore à déterminer laquelle, mais je fais entièrement confiance à mon imagination débordante pour trouver !

Et, qui sait ? peut-être à dans dix ans :)

P.S.: le dessin de marbré est bien évidemment celui de François Perret, qui est juste une tuerie et dont il faut que je partage ma recette, mais je crois bien que j’ai supprimé les photos…

What's up, pussy cat?!

Autres loisirs de Carozine : Les épinards et Popeye : une arnaque ?

. 3 mai 2020. Caroline D.